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Il est d´illustres inconnus dont le nom ne sera passé à la postérité que par le bon vouloir de grands hommes. Tel le violoniste français Kreutzer qui ne daigna même pas jouer la sonate que lui avait dédiée Beethoven. Ou encore un certain Sigmund Haffner, bourgmestre de Salzbourg. Ce dernier avait commandé au jeune Mozart une musique pour célébrer son anoblissement. Mozart, qui lui avait déjà dédié une sérénade, coucha alors sur le papier deux menuets, lui promettant une suite. Mais on en resta là. Ce n´est que trois ans plus tard (1785) que Mozart paracheva sa partition en la modifiant passablement, pour nous donner sa 35ème symphonie en ré majeur (K385) aujourd´hui connue sous le nom de symphonie „Haffner”. L´une des plus belles. Conçue à l´origine sous la forme d´une sérénade, Mozart en fait littéralement exploser le cadre (1) pour nous offrir une symphonie à part entière, la première de la série des sept „grandes” qui culmineront avec Jupiter.

Les cinq concertos pour violon de Mozart furent pratiquement composés d´affilée en 1775, alors qu´il n´avait pas encore vingt ans. Par rapport aux deux premiers, le 3ème concerto en sol majeur (K216) marque une évolution sensible dans le style du jeune compositeur. Sans totalement se démarquer de la manière galante qui caractérisait les deux premiers, Mozart s´y révèle néanmoins plus mûr, nous servant une orchestration plus fouillée et un orchestre émancipé. Une oeuvre roborative qui respire la santé à pleins poumons que ce concerto en sol qui séduit d´emblée par la franche et joyeuse attaque de son allegro initial. Également prisé pour l´élégant et charmant motif dansant qui agrémente son rondeau final, „pot pourri à la française” (B.Massin) (2).

Ses biographes et adeptes le savent bien : Beethoven était un grand amoureux de la nature. Passant des heures, voire des journées entières à marcher en forêt. Passion dont il s´était confié à maintes reprises, notamment à Thérèse de Brunswick: «Il aimait être seul avec la nature, pour en faire sa seule confidente» .

«Plutôt expression de sensation que peinture» écrivit-il en tête de sa symphonie pastorale. Et de renchérir: «Tout spectacle perd à vouloir être reproduit trop fidèlement dans une composition musicale.» Peut-être Beethoven faisait-il ici allusion à l’œuvre d’un certain Knecht parue 14 ans plus tôt sous le titre pompeux de «Portrait musical ou grande symphonie de la Nature», le terme «Portrait musical» l’ayant apparemment choqué.

Toujours est-il que, quoiqu´il s´en défendît, Beethoven nous offre bel et bien ici une musique à programme et n´évite pas certaines descriptions du type orage ou chants d´oiseaux (3). C´est d´ailleurs lui-même qui choisit de donner un titre à son oeuvre: „Symphonie pastorale ou souvenir de la vie champêtre”. La Sixième symphonie en fa majeur fut créée en même temps que la Cinquième lors d´un concert donné à Vienne en décembre 1808. Deux oeuvres pourtant on ne peut plus opposées…(4) Une Sixième qui ne fut pas accueillie sans quelques réserves, notamment sur le 2ème mouvement jugé trop long. (Mais qui allait susciter par la suite l´enthousiasme de Berlioz.) Il est vrai, une symphonie qui se démarque nettement des cinq premières. Elle comporte cinq mouvements titrés comme suit: „Éveil d´impressions joyeuses en arrivant à la campagne. Scène au bord du ruisseau. Réunion joyeuse des paysans. Orage, tempête. Chant des pâtres, sentiments de contentement et de reconnaissance après l´orage”. Des titres qui peuvent prêter aujourd´hui à sourire. Mais n´oublions pas qu´au lendemain de la vogue du Sturm und Drang, la Nature faisait alors l´objet d´un véritable culte (5).

Voilà pour les oeuvres inscrites au programme de cette soirée. Interprétées par l´Orchestre symphonique de l´Académie de Musique placé sous la baguette de Gábor Takács-Nagy avec Bálint Kruppa en soliste. Une formation que nous n´avions encore jamais entendue. Que nous étions donc curieux de découvrir. Constituée de jeunes musiciens issus de l´Académie ou en fin de cursus, en quelque sorte un peu l´équivalent de nos Concerts du Conservatoire. Spécialisé dans la musique du XXème siècle (Stravinsky, Bartók), fondateur d´un quatuor à cordes, le jeune violoniste Bálint Kruppa a occupé le poste de Konzertmeister dans la formation de l’Académie. Il enseigne aujourd´hui la musique de chambre au Conservatoire de Budapest. Quant au chef de ce soir Gábor Takács-Nagy, il n´est plus à présenter. Ancien élève de György Kurtág et Sándor Végh, Gábor Takács-Nagy, qui a également étudié auprès de Nathan Milstein, est avant tout connu comme violoniste. Co-fondateur du quatuor Takács et spécialisé dans la musique de chambre, il a été désigné premier chef invité par l´Orchestre du Festival. Également directeur musical de l´Orchestre de chambre irlandais. Après avoir enseigné au Conservatoire de Genève, il occupe aujourd´hui la chaire de musique de chambre au Royal Nothern College of Music (Manchester). Gábor T-N est par ailleurs directeur musical du Verbier Festival pour la musique de chambre. A priori de bonnes références, donc...

En introduction au concert, Gábor Takács-Nagy, nous rappelant que Mozart sera resté jusqu´au bout un enfant, nous présente les membres de l´orchestre, tous très jeunes, comme le type de formation idéale à ses yeux. Formation vierge, non encore atteinte par la routine, dont les membres ne demandent qu´à se donner pleinement pour répondre au quart de tour aux gestes de leur chef (et maître d´un soir). Des jeunes précisément de la même génération que Mozart lorsqu´il composa les deux oeuvres inscrites au programme (20-25 ans).

Le résultat, ressenti tout au long du concert: jeunesse et fraîcheur. Un peu à la façon de ces vins nouveaux pétillants que l´on vous sert l´été dans les guinguettes du Grinzig: légèrement verts, un rien enivrants et agréablement rafraîchissants. Ce qui collait idéalement à cette symphonie Haffner si pleine de vie, dont le chef nous rappela que Mozart la composa précisément au moment de se marier, donc comblé de joie. Excellente interprétation, roborative à souhait. A noter que le chef dirigeait sans baguette, usant de tout son corps – y compris les dix doigts... – et des expressions de son visage pour transmettre à ses musiciens les sentiments et émotions émanant de la partition, un peu à la façon d´une pantomime.

Dans son concerto en sol, Mozart a ajouté aux cordes deux flûtes, deux hautbois et deux cors. Une oeuvre qui exige du soliste une grande sensibilité et un son particulièrement pur, pour bien en restituer la ligne mélodique, notamment dans l´adagio central empreint d´une grande tendresse. Finesse et pureté, certes, dans la sonorité du violon de Bálint Kruppa. Mais un son trop court, presque trop fin au point que, du moins dans le premier mouvement, il nous semblait davantage intégré à l´orchestre que se produisant en véritable soliste. Plus convaincant dans les trois cadences (une à chaque mouvement) traitées à la façon des partitas de Bach où, pour le coup, nous avons pu pleinement apprécier la sonorité de l´instrument.

Suivait, pour terminer, la Pastorale. Là encore, Gábor Takács-Nagy précéda le jeu d´une brève introduction, resituant l´oeuvre dans la biographie du compositeur. La présentant comme un sursaut après la grave crise de 1802 où Beethoven, apprenant sa surdité, avait envisagé le suicide (6). Un Beethoven qui chercha et trouva réconfort auprès de cette nature qu´il aimait tant. Allant jusqu´à comparer cet épisode à l´embellie et l´action de grâce qui suivent l´orage sur la fin de la symphonie. Une symphonie qui nous fut admirablement servie, notamment dans cette transition de l´orage vers l´embellie. Belles sonorités franches et claires. Avec une mention spéciale pour l´hautboïste et sa collègue flûtiste, toutes deux très applaudies.

Notre impression d´ensemble: des oeuvres respirant la vie et la jeunesse servies par des jeunes respirant la santé et la vitalité. Soirée idéale pour aborder sereinement les fêtes et terminer l´année sur une note de fraîcheur et d´optimisme.

PW – 20 décembre 2018

 

(1): à l´exception du menuet, repris de la partition initiale. A noter au passage que certains voient dans le thème qui accompagne le presto final le frère jumeau „lui ressemblant comme deux gouttes d´eau” (B.Massin) de l´air d´Osmin „Ah! Wie will ich triumphieren!„ au troisième acte de l´Enlèvement au Sérail.

(2) „Oeuvre qui déborde d´une exubérante jeunesse, et son envie de danser se double d´une envie de chanter” (A. Hutchings)

(3) cf la fin du 2ème mouvement (Scène au bord du ruisseau): la flûte pour Messire Rossignol, la clarinette pour Monsieur Coucou et le hautbois pour Dame la caille…

(4): publiées à l´origine sous des numéros inversés: 5ème pour la Pastorale et 6ème pour notre actuelle Vème

(5): cf. Les Saisons de Haydn.

(8): cf le Testament d´Heiligenstadt.

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