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Pour nous faire oublier les rigueurs de l'hiver et nous offrir un petit remontant en ces beaux jours de printemps, rien de tel que de nous faire passer une soirée en compagnie de Mozart et Beethoven. Rien d'original, certes, mais voilà au moins deux valeurs sûres pour nous garantir a priori une soirée réussie. D'autant que le programme du concert, donné à l’Académie de Musique de Budapest, avait tout pour séduire: Ouverture des Noces de Figaro suivie du concerto pour piano en la majeur K488 (le 23ème) et, pour couronner le tout, la Symphonie Héroïque. Oeuvres interprétées par l'Orchestre symphonique MÁV placé sous la baguette de Péter Csaba, avec Menahem Pressler en soliste dans le 23ème.

Mozart-Beethoven. Deux noms constamment associés, à juste titre considérés comme les plus grands de leur temps, voire de tous les temps. Et pourtant… Si l'on sait qu'ils se recontrèrent – une seule et brève fois –, tout porte à penser que la rencontre tomba à plat. Mozart, alors en pleine maturité et au sommet de son art, ne prêtant qu'une attention distraite au jeune pianiste qui n'avait alors que 16 ans (c'était en 1787). Le jeune Beethoven, fervent admirateur de son aȋné salzbourgeois, en garda une légère amertume.

Nous remonter, avons-nous dit? Alors, oui, rien de tel que l’ouverture des Noces! A l'opposé de celle de Don Juan, au climat tendu, voire menaçant, Mozart nous aura ici offert un morceau particulièrement roboratif. Pour peu qu'il soit joué sur un tempo rapide et enlevé.

Alors? Il nous en fut proposé ici une très belle interprétation par un orchestre débordant d'énergie et sonnant à merveille, notamment du côté des bois. Sans aller jusqu'au tempo effréné de certains (Solti), le tout nous fut servi avec entrain et vivacité. Bref… roboratif, oui! Au point que nous aurions bien aimé avoir droit à toute la suite par derrière...

Composé en même temps que les Noces (printemps 1786), le 23ème concerto ne figure pas parmi les plus connus et pourtant… Probablement l'un des plus attachants, notamment avec ce touchant adagio central qui rappelle de près le célébrissime andante du 21ème composé quelques mois plus tôt. Même recueillement, avec peut-être un léger brin de tendresse en plus. Pour l’interpréter, rien moins que Menahem Pressler. Ancien pianiste du célèbre Beaux-Arts Trio dans ses plus belles heures de gloire, Menahem Pressler a aujourd'hui… 95 ans… Aïe! Et alors? Après tout, il vient encore d'obtenir il y a peu les louanges de la critique pour un enregistrement de Mozart. Alors,… à voir (ou plutôt écouter).

Hmmm…. Interprétation correcte,… sans plus. Pour un concerto qui appellerait plutôt un cadre intime, ce grand orchestre nous a semblé quelque peu surdimensionné. Quant au pianiste, jeu techniquement parfait, certes, mais relevant à notre sens davantage de la routine que d'une véritable émotion. Sinon dans l'adagio, mais un peu trop ralenti, tiré en longueur. Quant à cette merveilleuse attaque de l’allegro où Mozart vient nous tirer de la torpeur du précédent mouvement, l'effet fut ici manqué. Par ailleurs, un instrument qui résonnait un peu trop à nos oreilles, liant par moments les notes dans une sorte de fondu, à l'opposé de ces notes détachées qu'appelle le jeu de Mozart. Comme l'on pouvait s'y attendre, Pressler fut copieusement applaudi, ce qui nous valu coup sur coup trois bis (pour le coup fort bien joués, sans emphase, avec naturel et simplicité): une pièce de Kurtág spécialement composée à son intention, un nocturne de Chopin et une pièce de Debussy.

 

De sa troisième symphonie, l'Héroïque, Beethoven déclarait sans ambigüité qu'elle était sa préférée (alors qu'il n'avait pas encore composé la IXème). Jugement auquel nous ne saurions que souscrire. La plus achevée des huit premières, mais aussi la plus longue. Au point que le reproche lui en fut exprimé lors de sa première publique (1). Certes, mais… des longueurs divines, comme eût dit Schumann. En tous les cas, un reproche que l'on ne s'aventurera plus à formuler de nos jours, bien au contraire! Composée, comme l'on sait, en l’honneur de Bonaparte (2), voilà une oeuvre qui marque un nouveau départ, un ressaisissement chez Beethoven, tout juste rentré de son séjour tragique à Heiligenstadt (3).

Une interprétation qui nous a laissés cois… Le mot n'est pas trop fort. Une Héroïque comme rarement il nous a été donné de l'entendre. Et pourtant... Dieu sait que les grandes interprétations ne manquent pas, de Furtwängler à Fischer en passant par Karajan, Kleiber et mille autres. Que dire? Une interprétation pleine d'énergie, mais en même temps non agressive et toute en nuances. Avec notamment un timbalier et deux trompettistes particulièrement présents, mais sans faute de goût. Très belles sonorités également du côté des cuivres et des bois (malgré un ou deux petits couacs discrets chez les cors…). Un chef, Péter Csaba, qui a merveilleusement mené son ensemble, se donnant sans compter, pratiquement à la limite de l'épuisement. „Héroïque”, pour le coup c'est bien ainsi que nous l'avons entendue ce soir. Quant au public… „resté coi”, avons-nous dit? Dans cette salle archi comble, ou eût entendu une mouche voler, et nous ne vîmes autour de nous que des visages recueillis. Ce, toute une heure durant…. Fait suffisamment rare pour être relevé.

Pour terminer, un mot sur le chef. Pas tout-à-fait un inconnu en France. Établi à Lyon depuis 1983, Péter Csaba y a animé la classe de direction au Conservatoire et a par ailleurs été placé plus de quinze années durant à la tête de l'Orchestre de Besançon. Il s'est vu récemment décerner à ce titre la Légion d'honneur. Un chef qui aura su hausser cet orchestre MÁV – au départ somme toute modeste – au niveau des plus grandes formations du pays.

Nous lui en savons gré.

 

PW – 8 mai 2018

 

(1): „Un kreutzer pour que ça finisse!”, criait-on des galeries.

(2): … et non de Napoléon. Cf l’épisode connu de sa colère lorsqu'il apprit l’auto-couronnement de son ancien héros, dès lors considéré comme un vil ambitieux. Ce qui ne l'empêchera pourtant pas, lorsqu'il apprendra plus tard la mort de l'empereur, de déclarer: „Il y a longtemps que j'ai composé la musique qui convient à l’événement”, allusion à la Marche funèbre de l'Héroïque.

(3): séjour au cours duquel Beethoven, convaincu de sa surdité, avait un moment envisagé le suicide.

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