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En ces lendemains de réveillon, rien de tel pour nous remonter que de débuter l´année en musique. C´est ainsi que depuis quelque temps, les concerts du Nouvel An se multiplient une peu partout. Chacun voulant désormais avoir le sien. Il est néanmoins incontestable que c´est celui qui se tient chaque année en fin de matinée à Vienne dans la magnifique salle dorée du Muzikverein qui domine la tradition. Instauré le 31 décembre 1939 par Clemens Craus, alors directeur de l´orchestre (Philharmonie de Vienne). Avec toutefois une légère ombre à notre tableau: un concert alors organisé avec la bénédiction du Gauleiter (chef nazi) de Vienne. Mais passons…. Une époque révolue, et ne nous nous gâtons donc pas la fête. Concert que Clemens Craus dirigera jusquà sa mort en 1954 (et Joseph Krips en 1946-47). Lui-même qui avait déjà monté auparavant à Salzbourg une série de concerts annuels consacrés à la famille Strauss. Une manifestation au départ exclusivement dirigée par des Autrichiens jusqu´à la mort de Willy Boskowski en 1979, le relais étant alors repris par Lorin Maazel. Dès lors, les chefs étrangers se succèderont à la tête de la formation (près d´une vingtaine), la plupart invités à plusieurs reprises. Tel l´Italien Riccardo Muti dont ce fut ce Premier Janvier la sixième participation. Un programme au départ consacré aux Strauss père et fils, qui allait peu à peu s´étendre à d´autres compositeurs. Avec les désormais incontournables „trois bis”, une polka suivie du Beau Danube bleu pour se terminer en éclat avec la fameuse Marche de Radetzky scandée par le public. Manifestation que l´on dit suivie par près de cinquante millions de téléspecteurs et internautes dans plus de quatre vingts pays.

Cette année, pour la première fois depuis sa création, le concert se sera déroulé sans public en raison de la pandémie. De quoi se faire morfondre ses plus ardents et fidèles adeptes. A priori, car il n´en fut rien. Deux heures et demie durant, Riccardo Muti et ses musiciens nous firent passer de délicieux moments, grâce entre autres aux interventions heureuses de la télévision autrichienne (ORF). Avec tout d´abord la mise en ligne d´une application permettant aux internautes du monde entier, non seulement de suivre en direct le concert, mais d´y participer en enregistrant des applaudissements que l´on pouvait entendre à la fin de chaque morceau: sept mille! Par ailleurs, pour compenser l´absence de public et animer le tout, les responsables de l´ORF se sont mis en quatre: vues de Vienne, des ses palais et de ses environs, évocations de souvenirs et personnages liés à la ville (Sissi). Et, pour „faire plus vrai”, entre acte avec diffusion d´un film sur le Burgenland, province qui fête cette année son centenaire, avec évocation de la proche Hongrie (csárdás, musiques tziganes). Également, comme chaque année, le tout animé par de belles chorégraphies (danseuses habillées par Christian Lacroix…) Sans compter, pour conférer malgré tout une atmosphère festive, une décoration florale cette année particulièrement soignée. Mais c´est bien évidemment avant tout le concert lui-même qu´il nous faut évoquer. Une interprétation vive et brillante sous la direction inspirée d´un Muti au mieux de sa forme, malgré ses quatre-vingts ans… Et des musiciens se donnant à fond dans une atmosphère empreinte de charme et de bonne humeur. Probablement par réaction, pour marquer le coup. Peut-être un des plus beaux concerts, de ceux suivis depuis de nombreuses années. Et puis, réflexion faite, le remplacement du public viennois fort sympathique, certes, mais un peu polissé, par ces milliers „d´intervenants” ne fut pas pour nous déplaire, du moins compte tenu de la situation... . Bien au contraire: un beau symbole faisant sortir la musique „hors des murs” pour la répandre de par le monde… Bref, ce fut une bien belle matinée…

Et les autres? Pour ne pas trop nous éloigner de Vienne, nous nous rendrons chez sa voisine et soeur, Budapest. Ici, le Premier Janvier est également marqué par des concerts dont nous nous bornerons à citer les deux principaux: celui donné en fin d´après-midi par la Philharmonie hongroise dans la belle salle de l´ Académie de Musique (Zeneakadémia) qui rappelle un peu celle de Vienne. Mais aussi et surtout cette tradition qui consiste à donner en soirée la Création de Haydn, ici aussi dirigée par des chefs invités. La Création, un symbole tout trouvé pour célébrer le renouveau. De plus, un chef d´oeuvre. Cette année chantée par la soprane Emőke Baráth déjà entendue dans ce rôle (Ève), bien évidemment merveilleuse. Malheureusement sans public (concert retransmis sur le net).

Finalement, malgré la morosité liée aux contraintes de la situation et le souvenir d´une mauvaise année 2020, nous aurons passé pour notre part un Premier Janvier bien agréable, voire avec une légère note d´optimisme, comme l´a exprimé Riccardo Muti dans son allocution de voeux. En attendant la prochaine édition qui sera confiée à Daniel Barenboim (un habitué qui, comme Muti, entrera dans sa quatre-vingtième année, mais toujours en bonne forme). Un souhait, pour teminer: pourquoi pas, un jour, voir le concert confié a notre ami Iván Fischer? Compte tenu de ses inégalables dons d´animateur, sans compter son prestige en tant que chef, voilà qui nous remettrait d´aplomb. Puisque c´est l´époque des voeux, nous formulerons donc celui-ci pour conclure….

 

Pierre Waline, 3 janvier 2021

Décidément, nous sommes gâtés… Après Beethoven, nous célèbrerons en novembre prochain le centenaire de la naissance d´un autre grand musicien: Georges (György) Cziffra. Une „année Cziffra” qui sera célébrée non seulement en France et en Hongrie, mais dans le monde entier. Nous avons déjà évoqué le souvenir de ce pianiste hongrois qui, un beau jour d´octobre 1956, débarquait à Paris avec pour seul bagage son talent. Alors pratiquement inconnu en France. Un petit rappel sur le passé de ce pianiste qui allait émerveiller le public parisien, puis le monde entier par sa virtuosité et ses talents d´improvisateur (1).

Il était fils d´un musicien tzigane qui se produisit dans les restaurants et cabarets parisiens dans les années 1910. Mais qui fut emprisonné lorsque survint la guerre, puis renvoyé en Hongrie où il retrouva sa femme. Retrouvailles qui se traduisirent par la naissance du jeune György (1921). Un jeune fils dont le sort ne fut pas toujours plus heureux. Envoyé sur le front de l´Est, il fut fait prisonnier par les troupes soviétiques. Par la suite, arrêté par le régime communiste après avoit tenté de passer la frontière, il fut déclaré prisonnier politique et envoyé entre 1950 et 1953 dans un camp de travail comme convoyeur de pierres, tâche qui lui laissa une sequelle (d´où ce fameux bracelet de cuir qu´il portait au poignet).


 

Mais entre temps, le jeune Cziffra avait pu se forger une solide formation de pianiste. Repéré dès l´âge de huit ans par Ernő Dohnányi, il intégra le Conservatoire de Budapest (Zeneakadémia) où il fut entre autres élève de Dohnányi et Leo Weiner. Pour se produire en public dès l´âge de 16 ans, voire invité en tournée à l´ètranger (Pays scandinaves, Pays Bas). Études qu´il reprit après la guerre, se produisant le soir dans les bars de Budapest pour gagner sa vie. Voilà où nous en sommes lorsque, fuyant le régime communiste, il quitte le pays avec femme et enfant lors du soulèvement de 1956, pour trouver un point de chute en France. La France qui lui conférera douze ans plus tard la nationalité française et envers laquelle, toute sa vie durant, il ne manquera pas de manifester sa gratitude. Attitude touchante qui se traduira par de nombreux gestes, telle la création du festival de la Chaise-Dieu pour aboutir au rachat et à la restauration de cette chapelle royale de Senlis et à la création de sa Fondation destinée à encourager et promouvoir les jeunes pianistes.

Pour la suite, rejeté par le régime après son passage à l´Ouest, il faudra attendre le début des années quatre-vingts pour qu´il obtînt une reconnaissance officielle du gouvernement hongrois(2). Période malheureusement marquée par un terrible drame: la mort de son fils Georges, jeune chef d´orchestre, survenue en 1981 dans des conditions atroces (brûlé vif par un feu de cheminée). Jusqu´à son décès survenu en 1994, Cziffra ne s´en remettra jamais, limitant ses parutions en public et renonçant dès lors à se produire devant un orchestre.

Il serait vain de tenter d´évoquer ici les nombreux superlatifs qui lui ont été appliqués („le pianiste du siècle, réincarnation de Liszt”). Il nous suffira de rappeler l´admiration qu´éprouvait Alfred Cortot à son égard (suite à une audition du Carnaval de Vienne). Réputé non seulement pour ses interprétations de Liszt, Chopin, Schumann et Bartók, mais également apprécié pour son talent d´improvisateur et les nombreuses paraphrases qu´il nous a laissées.

Une année Cziffra, donc, qui sera marquée par de nombreux concerts, récitals et manifestations et ce, non seulement par le fameux „Festival Cziffra” qui se tient chaque année en Hongrie depuis 2016, mais aussi en France et un peu partout en Europe et dans le monde. Année Cziffra parrainée par l´UNESCO (3).

Le message affiché est clair. Au-delà de l´artiste, est mis en évidence son attachement aux valeurs de liberté, de tolérance et de générosité, et à cette identité tout à la fois hongroise, française et en définitive européenne, dont les influences réciproques contribuèrent à „nourrir et enrichir son art(4).

Une série de manifestations et concerts qui se tiendront dans quinze pays, de New York à Paris en passant par Londres, Moscou, Bruxelles, Vienne et Genève. Auxquels apporteront leur concours les artistes et formations les plus célèbres, tels  Boris Berezovsky, Martha Argerich, Denis Matsuev, Mischa Maisky, Mikko Franck, l´Orchestre de la Suisse Romande, ou encore l´Orchestre de Radio France. Et, bien évidemment en Hongrie (5) dont nous citerons les paroles du fondateur du festival, le pianiste János Balázs: „Georges Cziffra nous offre un exemple éloquent pour être parvenu, par sa tenacité, son talent et sa foi, à se hisser au sommet, au-delà des épreuves les plus dures de l´Histoire…. Dépassant son époque, il nous demeure en ce XXIème siècle plus présent que jamais. Citoyen français, Européen convaincu, il nous sera néanmoins demeuré fidèle et fier de ses origines.

Voilà ce qu´en cette veille de la nouvelle année, nous pouvions, nous nous devions de dire sur cet artiste qui fut aussi des nôtres. Et dont le souvenir reste profondément ancré dans notre coeur.

Un hommage qui s´imposait.

Pierre Waline, 30 décembre 2020

(1): cf. „Quand les Hongrois rendent (enfin…) hommage à l´un des leurs.. publié dans ces colonnes (février 2020)

(2): à cette occasion lui fut remis dans la chapelle de Senlis un moulage de la main de Liszt, lors d´une cérémonie émouvante en présence d´Éva Barre.

(3): manifestations qui se dérouleront de février 2021 à mai 2022.

(4): Et avec ça, demeuré attentionné, simple et sans prétention. Un témoignage personnel qui remonte à 1985: lors d´une soirée donnée à l´Institut hongrois où se produisaient de jeunes artistes hongrois, il déclina poliment, par un grand sourire gêné, l´invitation qui lui était faite de s´asseoir au piano, pour ne pas porter ombre au jeune pianiste présent.

(5): Festival qui débutera le 9 février par un récital Boris Berezovski et se prolongera sur toute l´année. Avec notamment, (également donné à Paris), le concerto pour piano que le compositeur hongrois Péter Eötvös écrivit en l´honneur de Cziffra et dédia à János Balázs, fondateur du festival.


 

 



 

Alors que le monde chrétien célèbre la naissance de Jésus, ce 25 décembre correspond également à un autre anniversaire, pratiquement passé inaperçu: la naissance du Royaume de Hongrie. C´est, en effet ce jour-là que le prince Étienne (István) aurait été couronné roi des Magyars.

Qui était-il? Descendant du prince Árpád, qui mena les tribus hongroises dans le bassin des Carpathes où elles se sont définitivement établies, Etienne était le fils du Grand Prince Géza. Géza, le premier païen a avoir épousé la religion chrétienne. Non tant par conviction que par intérêt. Après avoir entrepris des incursions, semant la terreur, jusqu´en Aquitaine („De sagittis Hungarorum, libera nos, Domine!”), les cavaliers magyars furent définitivement battus par les troupes coalisées de l´empereur Otthon près d´Augsbourg (955). Comprenant alors qu´il leur valait mieux se mettre en paix avec ce dernier, partant adopter sa religion. Non sans avoir habilement fait jouer la concurrence entre Rome et Byzance pour prendre finalement le parti de Rome. Géza qui tenta d´imposer par la force la religion chrétienne à ses sujets mais ne cessa jamais de vénérer tout en même temps les dieux païens. La chronique le décrit comme un monarque cruel, despote qui aurait renforcé par la violence son autorité sur les nobles magyars.

La date de naissance d'Étienne est inconnue car elle ne figure dans aucun document. La plus probable est celle de 975. Né sous le nom de Vajk, Étienne ne fut baptisé que vers l´âge de 15 ans, peu avant la mort de son père. Le choix du prénom ayant porté sur Étienne, le premier martyr chrétien. Sa mère, Sarolt, était la fille d´un chef tribal régnant sur la Transylvanie, Gyula, probablement baptisé à Constantinople et resté fidèle au christianisme.

C´est donc le 25 décembre de l´An Mil qu´Étienne aurait été couronné roi des Magyars dans la ville de Székesfehérvár. (Ou le 1er janvier 1001, les sources variant.) La couronne lui ayant été envoyée par un pape français, Sylvestre II (1). Un règne qui débuta par une lutte sans merci contre une résistance farouche des chefs païens. Outre le rejet de la religion chrétienne, ceux-ci s´opposaient au principe d´hérédité que voulait imposer le roi, face à leur tradition de désigner l´aîné des leurs aux successions. C´est à l´époque un certain Koppány qui aurait dû être désigné, qui régnait alors sur la Tansylvanie. Une lutte impitoyable s´ensuivit, qui s´acheva avec la défaite et l´éxécution de Koppány. (Selon la coutume, Koppány avait épousé Sarolt, la veuve de Géza)

Si, comme son père, Etienne se montra inflexible, voire féroce, pour imposer à ses sujets la religion catholique et la faire pratiquer, il se révéla néanmoins monarque à l´esprit ouvert, en avance sur son temps. Telle cette injonction adressée à son fils Imre, l´invitant à ne pas fermer le royaume aux étrangers, sous peine d´étouffement. Lui-même, qui avait épousé Gisèle, fille du Duc de Bavière, fit venir des colons allemands et moines, notamment de l´abbaye de Cluny. Il fut canonisé en 1083, soit un demi-siècle seulement après sa mort (survenue en 1038).

Législateur né, Etienne jeta les bases d´institutions solides dont certaines encore en place de nos jours, tels les comitats et les diocèses. On peut le considérer comme l´inspirateur des futures constitutions et unificateur du royaume (2). Un royaume qui allait connaître non moins de six principales dynasties (3) et dont l´histoire, après cinq siècles de relative prospérité, allait traverser cinq siècles de vicissitudes avec la prise du pouvoir par les Habsbourg suite à l´invasion turque de 1526. Qui ne prit fin qu´avec la Constitution de 1949 après 25 années d´une Régence assurée par l´amiral Horthy (abstraction faite du bref intermède de la Commune de 1919 et de la dictature nazie des Croix Fléchées de 1944-45).

Qu´est-il aujourd´hui? Un culte d´Etienne (István) plus vivant que jamais. Sans oublier la Couronne, érigée en symbole sacré du pays. Une couronne qui subit maintes péripéties, récemment restituée après avoir été conservée en terre étrangère, aujourd´hui exposée et scrupuleusement gardée dans l´enceinte du Parlement (4).

Témoin de ce culte, un opéra rock donné en 1983, „István a király” („Le Roi Étienne”) qui fait encore fureur. et est pratiquement regardé ou écouté dans tous les foyers. Un culte qui demeure toutefois aujourd´hui ambigü dans la mesure où la politique est venue s´en mêler. Les admirateurs d´Etienne étant par certains assimilés aux partisans du monde occidental, face à Koppány qui symboliserait l´attachement aux racines du peuple magyar. Ceci en allusion aux tendances de la diplomatie officielle qui jette un regard bienveillant en direction de l´Orient, notamment vers l´Asie centrale et le monde turcophone. Face à des institutions européennes vivement critiquées. Un débat pour le moins tortueux et anachronique qui nous mène bien loin du sujet. Laissons donc là nos politiques et leurs petites joutes de cour d´école pour en revenir à Etienne. Ce fondateur du Royaume dont, en ce lendemain de Noël, il n´était pas de trop d´évoquer le souvenir. Celui d´un souverain visionnaire et inspiré à qui le pays doit tant.

Nous aussi, le lui devions bien....

Pierre Waline, 26 décembre 2020

(1): Gerbert d´Aurillac, dit „le savant Gerbert”, inhumé dans la basilique St-Jean-de-Latran.

(2): le jour de sa fête, 20 août, déclaré Fête nationale, correspond également à la fête de la Constitution.

(3): Árpád, Aujou (de Sicile), Luxembourg, Hunyadi, Jagellons, Habsbourg

(4): couronne qui ne correspond plus à l´original, ayant subi plusieurs ajouts. Pour la petite histoire: la croix qui la domine est placée de travers. On ne sait pas trop pourquoi, probablement, suppose-t´on, pour avoir été un moment enfouie sous terre (ou enfermée dans un étui trop étroit...). Mais d´autres hypothèses sont avancées.

A l´occasion du bi-centcinquantenaire de sa naissance, les mélomanes sont gâtés. Concerts, récitals, exposés, conférences, films se succèdant sur un rythme pratiquement ininterrompu depuis le début de l´année sur les médias et les réseaux (2). De qui parlons-nous? De Beethoven, bien évidemment ! De tous les compositeurs, celui qui aura suscité le plus de passions, le plus de biographies, ouvrages et commentaires divers, des plus pertinents aux plus fantaisistes. Sur lui, tout a été pratiquement dit et redit.

Parmi les nombreux thèmes abordés, il en est un qui nous touche plus directement, en tant que Français établis en Hongrie, celui de ses rapports avec les Hongrois. Relations apparemment excellentes, si nous faisons référence aux soeurs Brunswick ou à son amitié avec le baron Zmeskall, mais aussi à ses propos tenus sur ses „chers Magyars” ses „moustachus”, comme il se plaisait à les appeler (3). Autre sujet qui nous touche directement: ses relations avec la France. Sujet que nous aimerions ici aborder, reprenant en grande partie les termes d´une conférence tenue jadis par un proche et ami (mon père).

D´ores et déjà, nous savons que Beethoven maniait, bien qu´imparfaitement, notre langue. En témoignent les lettres qu´ils nous a laissées, ses carnets de conversation ou encore ces nombreuses dédicaces rédigées en français. Le français, langue dans laquelle communiquaient les souverains, voire couramment pratiquée au sein de la famille Brunswick. Mais est-ce à dire pour autant qu´il appréciait notre pays et sa culture? Question délicate à laquelle nous tenterons de soumettre ici - bien que très partiellement - quelques éléments de réponse.

Un premier élément: né dans cette Rhénanie marquée par l´influence française, le jeune Ludwig s´engoua d´emblée pour les idéaux prônés par nos révolutionnaires. „Il aimait les principes républicains. Il était partisan de la liberté illimitée. Il voulait que tous concurrussent au gouvernement de l´État...” (Schindler). (Il alla jusqu´à souscrire en 1790 à un recueil de poèmes révolutionnaires.) Révolution dont il partageait le culte des Anciens, tel son héros Plutarque. D´où son admiration pour le jeune Bonaparte, son contemporain, en qui il plaçait tous ses espoirs, voyant en lui une sorte de Washington français. Admiration qui se mua en haine dés lors que ce dernier se fit couronner. «N’est-il donc rien de plus qu’un homme ordinaire ! Maintenant, il va fouler aux pieds les droits humains et n’obéira qu’à son ambition. Il va s’élever plus haut que les autres et va devenir un tyran !». Chacun connaît cet épisode lorsque, venant d´apprendre la nouvelle du couronement, Beethoven ratura rageusement la page de garde de sa 3ème symphonie « intitolata Bonaparte » (qui prend alors le titre « d’eroïca”).

Alors? Des relations pour le moins ambigües où s´entremêlent enthousiasme pour les idéaux révolutionnaires, attraits de la langue et cette haine quasi viscérale nourrie par un nationalisme exacerbé. Il faut dire que les deux occupations successives de Vienne par les troupes françaises (1805,1809) ne firent rien pour arranger les choses... Surtout la seconde où il vit fuir ses mécènes et s´éteindre son viel ami Haydn (4). A propos de Napoléon:”Comme Allemand, j´ai été son plus grand ennemi… Si je m´y connaissais à la guerre comme à la musique, je le battrais..”. „C´était un violent ennemi des Français et un Allemand convaincu (Varnhagen von Ense). Lors du Congrès de Vienne qui consacrera la défaite de l´empereur, Beethoven composera un „hymne” à sa défaite, „La Bataille de Vittoria”, mais en fait plus pour des raisons pécuniaires que par conviction, oeuvre qui figure parmi ses moins heureuses, qu´il qualifiera lui-même de sottise (eine Dumheit).

Et pourtant… Une prétendue francophobie - du moins telle qu´il se plaisait à l´afficher… - qui ne l´empêchera pas d´entretenir les meilleures relations avec plusieurs de nos compatriotes établis ou de passage à Vienne. A commencer par le baron de Trémont, auditeur au Conseil d´État en mission, qui lui rendit visite à plusieurs reprises et nous a laissé sur lui des témoignages précieux. Plus suprenant, ses contacts avec certains membres de la Légation française. Mais surtout la pianiste Marie Bigot, Alsacienne épouse du bibliothécaire des Razoumovski, pour qui il éprouva, plus que de l´estime, une réelle affection. Au point de lui dédier une sonate et de lui en remettre le manuscrit. Par ailleurs, nous citerons sa fameuse sonate dédiée au violoniste français Kreutzer (qui ne lui en sut aucun gré…). Et ses références dans son oeuvre à des productions venues de France, tel Fidelio, inspiré d´une pièce écrite (sur un fait réel) sous la Révolution. Sans parler de son admiration, au demeurant excessive, pour Cherubini qui, bien que d´origine italienne, figurait parmi les figures marquantes de la vie musicale parisienne (où il dirigeait le Conservatoire) et dont les opéras constituent un modèle type de l´opéra français de l´époque (5).

Voire dans ses relations avec les officiels. Tel Jérôme, le frère de l´empereur, qui lui proposa un poste de maître de chapelle à Kassel, que Beethoven faillt accepter, y renonçant au dernier moment sur les conseils de son ami de Trémont. Quant à cette haine manifestée à l´égard de l´empereur, elle reste à nuancer. (Nous retrouvons ici ces accès et changements d´humeur bien caractéristiques du personnage…). Le baron de Trémont: „La grandeur de Napoléon l´occupait beaucoup et il m´en parlait souvent. Au milieu de sa mauvaise humeur, je voyais qu´il admirait son élévation d´un point de départ inférieur.” Et lorsqu´il apprit plus tard la mort de l´empereur, sa réaction fut de dire. „Il y a treize ans que j´ai écrit la musique qui convient à l´évènement”, faisant allusion à la Marche funèbre de la symphonie Héroïque. Enfin, lorsque qu´il fut un moment question de solliciter pour lui la Légion d´Honneur, il fut flatté, apprenant que celle-ci avait été instaurée par le Premier consul. Légion d´Honneur dont l´idée fut vite oubliée, mais qui fut remplacée par l´envoi d´une médaille accompagnée d´un don substantiel par le roi Louis XVIII.

Nous voyons donc que, dans ses relations avec la France, tout n´était pas si noir, beaucoup s´en faut. La France où il avait d´ailleurs un moment envisagé de se rendre au point de lancer les préparatifs du voyage, finalement abandonné pour des raisons pratiques (témoignage des soeurs Brunswick). La France vers laquelle, atteint dans ses dernières années par la maladie, il espérait trouver le salut: „Südliches Frankreich! Dahin! Dahin!” (noté sur son carnet).

De leur côté, comment nos compatriotes accueillirent-ils ses oeuvres, comment le jugèrent-ils ? Il nous faut d´abord écarter les inévitables inépties proférées à son égard. Tel Stendhal critiquant „la bizarrerie de ses modulations”, mais qui se rattrappera par la suite. Mais n´oublions pas que ses compatriotes non plus n´étaient pas exempts de tels propos, tel Weber le déclarant „mûr pour le cabanon” au sujet de la Septième symphonie. Par contre, nombreux furent en France celles et ceux qui saisirent d´emblée son génie. A commencer par George Sand, Balzac ou encore Berlioz, enthousiaste fanatique. Et ses oeuvres, comment furent-elles accueillies? Présentées relativement tôt au public parisien, ses symphonies y reçurent le meilleur accueil. Relativement tôt signifie pour certaines dix ans à peine, ou moins, après leur création viennoise, ce qui, pour cette époque où les communications étaient lentes, constitue un délai plus qu´honorable. Quant à leur accueil, il ne fut pas seulement le fait d´une élite, mais également - et surtout – celui du grand public. Il faut savoir qu´à l´époque, notre capitale offrait parmi les meilleures formations d´Europe. Un accueil parfois enthousiaste dont entre autres Berlioz, dans ce style emphatique que nous lui connaissons, nous rend témoignage.

A cet égard, les Parisiens durent un fière chandelle au violoniste et chef Habeneck, fondateur de la Société des Concerts du Conservatoire, dont le concert inaugural, donné un an à peine après la mort de Beethoven, fut entièrement consacré à des oeuvres du maître de Bonn. Beethoven qu´il inscrivit systématiquement au programme de ses concerts (dirigés sans partition depuis le pupitre de premier violon). Nous voyons donc combien le public parisien sut vite comprendre, admirer et adopter la musique de Beethoven. Tordant le cou à un préjugé selon lequel les Anglo-Saxons auraient eu le privilège de lancer la „mode Beethoven”.

Conclusion: si Beethoven, de façon parfois excessive, ne se montra pas toujours bienveillant dans son oponion sur la France et les Français, ceux-ci, que l´on dit parfois versatiles, ne lui en tinrent pas rigueur, empressés de lui rendre un hommage, certes mérité, mais qui fait honneur à leur goût et à leur jugement.

Alors… Beethoven et la France? Des relations souvent passionnelles, mais jamais indifférentes. Qui recèlent en définitive, bien que non clairement avouée de sa part, une part d´admiration mutuelle. Ce sera notre conclusion.

 

Pierre Waline, 16 décembre 2020

(1): source: Marcel Waline „Beethoven et la France” (Poitiers, 1937)

(2): baptisé le 18 décembre 1770, il naquit probablement la veille, les nouveaux-nés étant alors baptisés au plus vite en raison des risques élevés de mortalité. Pour la petite histoire: peu scrupuleux, son père tricha sur son année de naissance, pour mieux le faire passer comme enfant prodige, de sorte que longtemps, Beethoven se crut de deux ans plus jeune.

(3): cf. Beethoven et la Hongrie: une love story (all´ungharese)”, paru dans ces colonnes le 26 septembre 2020.

(4): logeant face aux remparts, il dut se réfugier dans la cave, la tête enfouie sous des oreillers, les explosions, provoquées par le troupes françaises qui abattaient les remparts, lui causant des douleurs insupportables dans les oreilles.

(5): Cherubini à qui Beethoven adressa une longue lettre rédigée dans un français très chatié, mais à laquelle l´Italien ne daigna pas répondre. (Prétendant par la suite ne l´avoir jamais reçue.)

Lorsqu´après maintes tentatives, Rossini finit par être reçu chez Beethoven, ce dernier le félicita pour la partition du Barbier de Séville dont il fit grand éloge.

Au départ, rien, ou presque, ne le portait a priori sur la Hongrie. 

Dans la langue hongroise, la musique classique est généralement désignée sous le terme de „musique sérieuse” (komolyzene). Par opposition à la musique de variété.

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Francia születésű, nyugdijas vagyok, Pesten élek. Szeretek itt élni, szeretem Magyarrszágot, a nyelvet, a kultúrát, de jó néha hazamenni Párizsba is. Szeretem a klasszikus zenét. Fontos számomra a kommunikáció, meg a harc az intolerancia és a rasszizmus ellen.

Bof....
Déteste par dessus tout l'intolérance, le nationalisme et le racisme, encore trop répandus...
Mindenek elött a nacionálzmus, az intolerancia és a racizmus ellen szeretnék küzdeni, amelyek sajnos tul gyakori jelenségek a mai világban...

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Köszönöm, hogy a blogomra látogattál, amit azért hoztam létre, mert az egyik szenvedélyem a fotózás. Szeretek utazni, kirándulni, fényképeket készíteni, és ezt szeretném megosztani mindenkivel. Várom a véleményeteket. :)

Hol is kezdjem a bemutatkozást? Mondanátok, hogy az elején. Erre én azt mondanám, az túl hosszú lenne, és nem szeretnék senkit sem untatni. Ezért megpróbálom tömören összefoglalni eddigi életemet.

Magyarország-on születtem, ott is éltem közel 30 éves koromig, amikoris úgy döntöttem, hogy ideje körbenézni a világban.

Így kerültem Amerikába, ahol 2 évig dolgoztam. Persze az életem nem csak a munkáról szólt. Rengeteget utaztam, Miami-tól Las Vegas-ig, Washington-tól Los Angeles-ig. De ez nem minden. Volt szerencsém ellátogatni néhány Karib sziget-re is, mint a Bahamák, Jamaica, St Thomas, St Marteen, Puerto Rico, Kajmán szigetek, illetve Mexico-ba is eljutottam.

Mindezek után elfogott a vágy, hogy ismét iskolapadba üljek. (Szeretek tanulni, persze csak azt, ami érdekel. Sok ilyen dolog van, nyitott vagyok szinte mindenre.)

Így kerültem Sydney-be, Ausztráliába. A munka, és az egyetem mellett azért itt is jutott egy kis idő utazásra. Először Ausztráliában, majd Thaiföld, és India következett. Az egyetem sikeres befejezése után új irányt vett az életem, visszajöttem Európába. Így kötöttem ki Franciaország-ban, ahol jelenleg is élek.

S hogy mivel töltöm az időmet? Mindennel, amit szivesen csinálok, amiben örömömet lelem. Továbbra is sokat kirándulok, fényképezek, vitorlázok, festek (igen, valódi olajfestményeket) sütök-főzök, és újabban ruhákat tervezek, illetve megvarrom azokat (egyenlőre csak saját részre).

Szóval nem unatkozom. Soha nem tettem. És szerintem soha nem is fogok.

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Francia születésűként a két ország között élek. Pécsett 
lettem feleség, anya, orvos.
Írni  szeretek , de főleg gondolatokat megosztani. És kíváncsi, 
kíváncsi vagyok...

Française de naissance, je vis entre les deux pays. Je suis devenue 
épouse, mère et médecin à Pécs.
J'aime écrire, et surtout échanger des idées. Et je suis curieuse, 
curieuse...

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Bon, c'est une question bien importante de s'identifier...Je suppose que tout le monde cherche la bonne réponse pendant toute sa vie... La surface c'est: je suis professeur de la langue francaise, de l'histoire et de la littérature et de la langue hongroise. Et bien sur j'ai une vie privée aussi: ma famille, mon temps libre, mes coutumes et mes amusements...Eh comme tout le monde je tache etre heureuse...

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Ez az első blogom, arról fog szólni, hogyan élünk négyen Franciaországban, Herblayben, mely Párizs egyik elővárosa, Párizstól hozzávetőlegesen 20 km-re, északra található. Eddig még nem jártam ott. Arról is írok, milyen az élet háztartásbeli apaként, hogyan élem meg azt...

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Bíró Ádámmal készült interjúnkat itt olvashatod. A cikk alján pedig a Klubrádióban vele készült interjút találod.

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Ahogy a címe is mondja, ez egy vélemény blog. Ha egyetértesz, oszd meg, ha nem, szólj hozzá!

 

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Le blog "L'actualité sportive vue de Hongrie" se propose d'informer le lecteur des succès hongrois dans tous les sports.

Des brèves présenteront les résultats de manière succincte. Des articles plus longs dresseront des portraits de sportifs ou sportives ou analyseront des compétitions. Enfin, les textes de la catégorie "histoire du sport hongrois" retraceront le parcours d'athlètes qui ont marqué l'histoire de leur discipline.

Passionné par le sport et attaché à la Hongrie où j'habite depuis de nombreuses années, j'espère que ce blog saura vous intéresser.

Strasbourg hétköznapi életéből és az EJEB, munkájából pillanatok. Civil diplomácia erősítése Franciaország irányába és viszont.

Egy magyar katona élményei a Francia Idegenlégióban, jelentkezéstől napjainkig. 

 

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