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Egy francia Magyarországon - Pierre Waline blogja

Francia születésű, nyugdijas vagyok, Pesten élek. Szeretek itt élni, szeretem Magyarrszágot, a nyelvet, a kultúrát, de jó néha hazamenni Párizsba is. Szeretem a klasszikus zenét. Fontos számomra a kommunikáció, meg a harc az intolerancia és a rasszizmus ellen.

Bof....
Déteste par dessus tout l'intolérance, le nationalisme et le racisme, encore trop répandus...
Mindenek elött a nacionálzmus, az intolerancia és a racizmus ellen szeretnék küzdeni, amelyek sajnos tul gyakori jelenségek a mai világban...

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Qui était-il ? Cinquième enfant (second survivant) de Jean Sébastien et de sa première épouse Maria Barbara , Carl Philipp Emmanuel Bach reçut ses premières leçons de son père. Dès son plus jeune âge, il jouait de mémoire au clavecin les oeuvres entendues à la maison. Après de solides études et une formation juridique, Carl Philpp fut engagé à la cour du roi de Prusse Frédéric le Grand où il passa près de trente années. Pour rejoindre ensuite Hambourg où il succédera à Telemann (son parrain) au poste de Directeur de la musique. Il était alors connu pour son ouvrage sur „l´art de jouer du clavier” (1), Mozart lui-même reconnaissant lui devoir beaucoup. Au demeurant apprécié, outre Mozart, de Haydn (qui lui rendit visite à Hambourg) et de Beethoven. Jouissant de son vivant d´une certaine renommée (on l´appelait „le Bach de Hambourg”), il fut par la suite en partie relégué dans l´ombre face à la redécouverte des oeuvres de son père. Ne relevant ni du baroque tardif, ni de l´école classique viennoise, son oeuvre est considérée par certains comme annonçant le romantisme. („Une sensibilté préromantique, un goût marqué pour la recherche de l´élément mélodique qui en font un précurseur. C´est peut-être le premier compositeur romantique”, R. de Candé.) Jugement un peu rapide, mais il est vrai que sa prodution témoigne d´un style très particulier, en fait difficile à classer. Production abondante réunissant entre autres non moins de 50 concertos, 20 symphonies, six recueils de sonates. Il est probablement, avec son demi-frère Jean-Chrétien, le plus talentueux des enfants Bach dont le nom soit parvenu jusqu´à nos jours (2). A cet égard, nous citerons le compositeur et musicologue Charles Burney qui écrivait à son sujet :”''He is not only the greatest composer for keyboard instruments who ever lived, but also, with regard to expression, the best player.”

 

Au programme de notre concert: trois concertos pour clavecin longtemps restés dans l´oubli, récemment remis à l´honneur. Pour les interpréter, le Concerto Armonico, formation fondée en 1983 par des élèves du Conservatoire (Académie Franz Liszt). Ensemble spécialisé dans le baroque tardif, consacrant notamment ses programmes aux oeuvres de la famille Bach. Dirigé par le claveciniste Miklós Spányi. Au programme, les concertos en sol majeur, ré majeur et fa majeur. (Une précision, nous devrions en fait parler de „concertos pour clavier”, le compositeur ayant sur la fin exprimé sa préférence pour le pianoforte. Mais c´est généralement au clavecin qu´on les joue de nos jours.)

Si le besoin d´épanchement et l´expression des passions est le fait des romantiques, alors peut-être pourrait-on en effet décrire dans une certaine mesure CPE Bach comme un de leurs lointains précurseurs. L´impression que nous retenons à l´audition de ces concertos est celle d´un flux d´énergie, d´un dynamisme qui ne laisse pas l´auditeur indifférent, du moins dans les mouvements rapides, offrant tantôt des thèmes entraînants, tantôt dégageant au contraire une certaine tension. A l´opposé, des mouvements lents plus mesurés, mais souvent empreints d´une certaine gravité, voire d´une atmosphère sombre. Du moins pour les deux premiers concertos (en sol et en ré), oeuvres de jeunesse, le troisième (en fa) offrant une structure plus classique, que l´on pourrait presque, à la limite, rapprocher d´un Haydn. Un style très personnel, donc, difficile à classer, mais qui révèle chez son auteur un réel talent.

Pour le servir, une formation réduite(3), mais quel brio! Des cordes qui sonnaient admirablement, notamment sous l´archet du premier violon (Gábor Homoki). Et le clavecin… Contrairement à ce qu´il nous est trop souvent donné d´entendre, Miklós Spányi a choisi ici un instrument d´une grande clarté, aux sonorités franches. Et quel jeu! Servi par une partition exigeant une grande virtuosité, Miklós Spányi trouva ici l´occasion de faire valoir ses talents de claveciniste, au demeurant largement reconnus.

Pour terminer, nous laisserons la parole au claveciniste: „Ses concertos peuvent être considérés comme la colonne maîtresse de son oeuvre. Leur richesse, leur dynamisme, la variété infinie de leurs éléments dramatiques et de leurs finesses interpelle tant l´auditeur que l´interprète. Venez découvrir avec nous un monde merveilleux haut en couleurs”

Certes, le fils n´est pas le père. Néanmoins, nous avons découvert ce soir un compositeur qui mérite sa place, sinon parmi les tout premiers, du moins parmi les noms marquants de son époque.

Une découverte de plus, en attendant la suite…

Pierre Waline, 16 mai 2022

(1): „Vesucht über die währe Art das Klavier zu spielen”

(2): Jean-Chrétien qu´il recueillit un moment à la mort de leur père, et à qui il donna des leçons.

(3): trois violons, deux altos, un violoncelle, une contrebasse.

 

De Joseph Haydn, les mélomanes connaissent ses deux grands oratorios que sont la Création et les Saisons, véritables chefs d´oeuvre, créés à Vienne respectivement en 1799 et 1801 avec le succès que l´on sait. Mais qui sait que vingt-cinq ans plus tôt, un autre oratorio de sa composition avait été donné à Vienne ? C´était les 2 et 4 avril 1775. Haydn, alors employé chez le prince Nicolas Esterházy, avait quarante-trois ans, en pleine maturité et en pleine possession de ses moyens. Son titre: „Il Ritorno di Tobia” („Le retour de Tobie”). Représentation donnée avec le soutien de la Tonkünstler Societät (société de bienfaisance) qui remporta un grand succès, rapportant à la Société une recette substantielle (1). Mais ne connut par la suite que deux reprises du vivant du compositeur, en 1784 (version remaniée) toujours avec succès, puis en 1808, ce qui fut cette fois un demi échec (2). L´oeuvre fut également donnée en 1777 à Berlin, en 1783 à Rome, enfin en 1784 à Lisbonne et en 1787 à Leipzig. Mais elle fut peu rejouée par la suite. Ce n´est que tardivement que l´oratorio fut révélé au grand public par les enregistrements des Hongrois Ferenc Szekeres (1972) et Antal Dorati (1979). Le livret est d´un certain Giovanni Boccherini, frère de Luigi, le compositeur. Il est inspiré du Livre de Tobie, texte apocryphe de l´Ancien Testament, légende issue de la mythologie orientale. Tobit, Juif pieux déporté à Ninive est atteint de cécité et réduit à la misère. Son fils Tobie part pour un long voyage au cours duquel il rencontrera Sara, sa future épouse, victime d’un démon (monstre marin) qui fait périr ses fiancés successifs. Au retour de son fils, Tobit sera guéri de sa cécité et Sara délivrée du démon grâce à l’intervention de Tobie qui terrasse le monstre (une baleine dont le fiel servira à guérir Tobit) et de l’ange Raphaël (cachant son identité sous le nom d´Azarias) qui l´avait guidé tout au long du chemin. (3)

Une oeuvre, qui, par rapport à sa forme originale, jugée trop longue et ralentie par de longs récitatifs, subit de profonds remaniements, essentiellement par des coupures et ajout de choeurs (au nombre de cinq). Choeurs, généralement loués, qui en constituent, dit-on, le point fort. Une oeuvre où alternent constamment les tonalités, ce qui en atténue la monotonie et enrichie d´un orchestre au grand complet (percussions, cuivres, bois, vents). Quant au livret de Boccherini (inspiré de Métastase), plutôt que d´exploiter les éléments dramatiques du récit, il met davantage en avant des considérations moralisantes et philopsophiques. Divisée en deux parties, l´oeuvre, basée sur le modèle de l´oratorio italien, constitue, outre ses cinq choeurs (deux au départ), une suite d´airs et récitatifs entrecoupés seulement de deux duos. Voilá en résumé ce que l´on en dit.

Toujours à la recherhe d´inédits, György Vashegyi, à la tête de son orchestre Orfeo et du choeur Purcell, a choisi, pour nous présenter l´oeuvre, de se faire accompagner d´une équipe internationale. Le ténor suédois Anders Dahlin en Tobie, le baryton biélorusse Nicolaï Bortchev pour incarner son père et la mezzo-soprane hongroise Eszter Balogh, sa mère (Anna), Sara étant incarnée par sa compatriote, la soprane Réka Kristóf et l´archange Raphaël (Azarias) par la soprane italienne Roberta Invernizzi.

Venons-en au concert.

D´emblée, une oeuvre qui débute sous les meilleurs auspices. Dès l´ouverture qui, après une lente introduction, se déroule sur un tempo vif et enlevé, digne des grandes symphonies. Ouverture qui enchaîne sur un merveilleux choeur accompagnant le duo Tobit-Anna déplorant le départ de leur fils („Aie pitié de la douleur d´une mère”). La suite à l´avenant avec un long air de bravoure d´Anna où Haydn déploie toute sa science dans la maîtrise du chant. Le tout soutenu par un orchestre très présent. Nous mentionnerons encore un peu plus loin ce long air de Raphaël (soprane) d´une haute virtuosité exigeant un large registre de la voix. Suivra un air délicieux d´Anna conçu dans un style populaire, bien typique de Haydn, enchaînant sur un choeur „annonçant de près, par sa fougue, son élan et le rôle important de l´orchestre, la Création et les Saisons” (Marc Vignal). Un début prometteur, donc. La suite? Une longue suite d´airs et récitatifs, mais nullement ennuyeuse, par moments soutenus par un fort beau choeur, tel ce merveilleux final de la première partie. Autre temps fort, le dermier final, qui, entamé par les solistes sur un ton d´humilité, débouchera sur un choeur majestueux et triomphamt introduit par une longue fugue, où l´on retrouve le Haydn des grands oratorios. Pour la seconde partie, nous citerons encore cet air de Sara si délicieusement accompagné par les bois („Il me semble que je suis… parmi les anges” ). Du pur Mozart ! Et aussi, sur la fin, ce merveilleux duo entre la mère et le fils introduit par les cordes en sourdine.

Eszter Balogh (photo Müpa)

Avant de parler du choeur et des solistes, un mot, tout d´abord sur l´orchestre. Qui, comme à son habitude, sonnait ce soir de façon merveilleuse, servi par une partition mettant particulièrement en valeur ses différents pupitres, notamment dans les rangs des cuivres et des bois. Dans un répertoire, il est vrai, qui lui est familier. Pour le choeur, particulièrement brillant ce soir (Haendel n´est pas loin...). rien à redire sinon par moments cette domination des voix féminines sur les voix masculines.

Mais c´est surtout des solistes qu´il nous faut ici parler. On sait que, pour les premières représentations, Haydn disposait des meilleurs chanteurs du moment (4). Aussi s´était-il appliqué à leur confier des airs les mettant particulièrement en valeur. Des airs généralement longs et faisant appel à des prouesses vocales, notamment chez les femmes. Mais sans jamais se départir du bon goût. Pour les servir ce soir, le chef a su s´entourer d´une équipe parfaitement rodée, la plupart ayant déjà interprété, voire enregistré, cette oeuvre par le passé. Tous les cinq excellents, sur lesquels nous n´avons rien à redire. Sinon pour mentionner plus particulièrement Eszter Balogh que nous découvrions soir dans le rôle d´Anna. Une Anna qui constitue finalement le personnage central de la pièce, nous accompagnant pratiquement d´un bout à l´autre de l´action. Une belle voix de mezzo claire, chaude et puissante pour exprimer toute la gamme des sentiments traversés par cette mère angoissée et cette épouse aimante, mais décidée. Avec elle, nous découvrions probablement l´une des plus belles voix entendues sur la scène hongroise. De plus, servie par un physique collant au personnage: grande prestance et beaucoup de présence. Mais n´oublions pas non plus les autres, répétons le, tous excellents, chacune et chacun à sa place. Autre belle voix, le baryton Nicolaï Bortchev dans le rôle du mari Tobit. Ici aussi, une voix claire, chaude et puissante, bien que moins sollicitée.

Pour conclure? Loin de prétendre aux sommets que seront sa Création et ses Saisons, Haydn nous offre ici une oeuvre de longue haleine (plus de trois heures d´écoute…), mais qui vaut largement la peine d´être entendue ou réentendue. Plaisir qu´une fois de plus, le chef hongrois Vashegyi et ses musiciens nous auront offert ce soir. Seule ombre au tableau: le public clairsemé dans une salle aux trois-quarts vide. Mais un public apparemment satisfait au vu des applaudissements nourris dont il ne s´est pas montré avare. Dommage pour les absents (5)...

Pierre Waline, 30 avril 2022

(1): selon un critique de l´époque: „L´auteur a si finement tissé expression de la nature et art dans son oeuvre que l´auditeur ne peut qu´aimer celle-ci et admirer celui-là, surtout ses choeurs qui sont embrasés d´un feu qui ne brille que chez Haendel”.
(2): demi échec dû à la concurrence de ses propres dernières oeuvres et de Beethoven dont était donné un concert ce même jour (Ve et VIe symphonies, concerto en sol).
(3): Tobie, un sujet qui semble avoir été en vogue au XVIIIe siècle. Marc Vidal dénombre non moins de 35 oratorios ou opéras composés sur le sujet…
(4): telle, dans le rôle d´Anna, la célèbre Nancy Storace, amie de Mozart (la Suzanne des Noces).
(5): concert retransmis en direct sur les réseaux. 

 

 

Un souvenir de la Pâque de mon enfance: je me revois encore rechercher à la campagne les oeufs lâchés dans les buissons par les cloches en route depuis Rome (et j´y croyais...). Si les cloches ont disparu depuis belle lurette du paysage, les oeufs sont toujours bel et bien là. Mais, à propos, pourquoi précisément des oeufs ? L´explication en est simple. Dès l´Antiquité, il était d´usage d´offrir et consommer des oeufs, symboles de fécondité, pour célébrer l´arrivée du printemps. Tradition reprise plus tard par la religion chrétienne, la résurrection du Christ annonçant une ère nouvelle, promesse de renouveau. Fête qui coïncide précisément avec l´éclosion du printemps.

Ce qui, par contre, différencie la Pâque célébrée en Hongrie de notre fête est la tradition des oeufs peints. Au demeurant répandue, sous diverses formes, dans toute la région. Tradition qui n´a rien perdu de sa pratique, bien au contraire. Les femmes, surtout à la campagne, mais aussi en ville, voire les enfants, ne manquant pas de peindre à cette occasion des oeufs qu´elles auront au préalable préparés. (Opération délicate consistant, à l´aide d´une aiguille, à en vider le contenu sous vide.) Disposant pour cela de colorants spéciaux naturels. Occasion pour ces dames de déployer tout leur talent, nous offrant parfois de vraies petites oeuvres d´art. Notamment en Hongrie où y sont généralement reproduits des motifs populaires traditionnels, telle la tulipe, que l´on retrouve entre autres dans la région de Kalocsa. L´origine? Certains l´attribuent à la couleur rouge représentant le sang, riche de symbole. D´aucuns faisant allusion au sang du Christ dont, lors de son calvaire, des gouttes auraient été versées sur un panier d´oeufs qui se serait trouvé sur son passage. Version séduisante, certes, mais hautement fantaisiste. Mais bon, laissons là ces supputations et contentons-nous d´en apprécier le résultat, car le spectacle en vaut la peine.

Sur la table de Pâques, on trouvera généralement dans les campagnes un jambonneau (csülök), des oeufs et de la viande farcie, mais aussi l´indispensable brioche „de Pâques” en forme tressée (fonott kalács), repas agrémenté de délicieuses, mais peu légères, pâtisseries faites maison. Le tout généreusement arrosé. Une consommation d´eau de vie de prune, cerise ou abricot (pálinka) parfois excessive, au point qu´il fut un temps où la vente en était interdite en cette période. (Ce qui, d´ailleurs, ne changeait pas grand chose, ces alcools étant souvent distillés sur place.)

Autre tradition pascale, pour le moins curieuse: l´aspersion des jeunes filles (locsólkodás) qui, dans les campagnes, se transforme en véritable arrosage. Le matin de Pâques, les jeunes gens se lancent à la chasse des jeunes filles pour les arroser de grands seaux d´eau. Jeunes filles qui, ayant revêtu à l´occasion leurs plus beaux atours, n´attendent que ça. Course qui se termine dans les rires et gloussements de ces belles. Et débouche souvent sur une invitation à passer prendre une portion de gâteau arrosée d´un verre de pálinka, eau-de-vie hongroise. A la ville, la tradition est également respectée, le seau d´eau étant remplacé par un petit flacon de parfum dont ces dames se voient gratifiées de quelques gouttes bien inoffensives. Une tradition à laquelle nul n´échappe. Apparue dès les anciens temps dans les pays slaves voisins, c´est au XVIIe siècle qu´on la mentionne pour la première fois dans les campagnes hongroises. Ici encore certains font remonter la tradition à une origine curieuse - et tout aussi fantaisiste. Lors de la résurrection du Christ, les soldats auraient arrosé les femmes parvenues au tombeau vide pour les empêcher d´y pénétrer et de répandre la bonne nouvelle. (Fantaisiste, mais reconnaisons là au moins le fruit d´une imagination fertile...)

Au-delà de ces coutumes, la Fête de Pâques revêt en Hongrie (mais aussi dans toute la région, a fortiori dans le monde orthodoxe russe) une importance toute particulière. Au point que, comme à Noël, il est d´usage de s´adresser des voeux par l´envoi de cartes. Y déroger serait pour beaucoup mal venu. Encore que cet usage tende peu à peu à se relâcher, notamment chez les jeunes.

En cette année où la Pâque des chrétiens coïncide avec la Pessa´h du peuple juif commémorant l´Exode d´Egypte, ce long week-end (de quatre jours pour les Hongrois) sera surtout marqué par un exode d´un autre type, celui des vacanciers sur les routes de France et de Hongrie (1). Osons malgré tout espérer que nombreuses et nombreux seront celles et ceux qui continueront à y associer un sens religieux. Après tout, il n´est pas interdit d´espérer.

 

Pierre Waline, 16 avril 2022

(1): mais aussi, pour les autres, pour peu qu´ils soient mélomanes, une occasion unique de se voir offrir un riche programme de concerts, d´église ou autres.

 

 

On sait que, malgré leur différence d´âge (25 ans), Haydn et Mozart furent d´excellents amis, exprimant l´un à l´autre leur admiration réciproque. A cet égard, un mot sur leur dernière rencontre qui remonte à décembre 1790. Alors que Haydn s´apprêtait à rejoindre Londres, Mozart le quitta sur ces mots: „Je crains que nous soyons en train de faire nos adieux”. A qui pensait-il? Un an plus tard, Mozart n´était plus (1). Il est donc naturel qu´ils fussent tous deux associés dans un concert donné ce dimanche à Budapest.

Au programme, la 59ème symphonie de Haydn suivie du 5ème concerto de violon du maître de Salzbourg (ces deux oeuvres, en la majeur) pour se refermer sur la 99ème symphonie en mi bémol majeur de Haydn. Les interprètes: l´Orchestre du Festival de Budapest placé sous la direction de Gábor Takács-Nagy avec le violoniste russe Ilya Gringolts en soliste.

Composée sur la fin des années soixante, la symphonie en la majeur doit son titre „Le feu” à une pièce d´un certain Grossman intitulée „L´incendie” donnée à Eszterháza (où la musique de Haydn servit d´entracte). Un titre qui lui sied bien, l´oeuvre, contrairement aux autres symphonies, débutant par un fougueux presto. Partition brillante qui, aux côtés des cordes, fait la part belle aux cors (final). A noter, dans la partie centrale (trio) de son troisième mouvement une ritournelle qui n´est pas sans présenter une parenté avec le fameux air dansant (évoqué ci-dessous) que l´on trouvera dans le final du concerto de Mozart. Composé à Salzbourg, alors qu´il avait à peine vingt ans, le concerto en la est le dernier des cinq concertos pour violon de Mozart, et probablement le plus achevé. Mis à part deux ébauches, Mozart ne composera plus de concertos pour cet instrument. Le 5ème est surtout connu pour le thème de son allegro final où le violon nous entraîne dans un rythme effréné de danse all´ungherese. Créée en février 1794 au Hanover Square Rooms de Londres sous la direction du compositeur, le symphonie 99 en mi bémol de Haydn s´inscrit dans la série de ses douze dernières symphonies dites londoniennes. Elle se démarque des précédentes par son caractère grave et solennel, une partition qui fait largement appel aux cuivres, bois et timbales

L´interprétation….

Pour commencer, les musiciens de Fischer (ici dirigés par G. Takács-Nagy) nous ont d´emblée mis dans l´ambiance. Par un jeu vif, alerte et enlevé, servi par de merveilleuses sonorités. Jouaient-ils sur instruments anciens ou modernes? Je l´ignore. Toujours est-il que le tout sonnait de façon séduisante, je dirais lumineuse. Servant une partition non dépourvue de charme, truffée, comme Haydn adorait le faire, de petites surprises, alternant soudainement les passages forte, voire fortissimo avec d´inattendus pianissimo, avant de repartir de plus belle. Ce qui nécessite une certaine souplesse, pour ne pas dire virtuosité, de la part du chef et de ses musiciens. Je ne connaissais pas cette symphonie, et ce fut pour moi une agréable surprise. On sait qu´à la cour des princes Esterházy, Haydn disposait d´excellents musiciens, mais il n´aurait certainement pas renié ceux qui nous ont servis (et enchantés) en cette belle matinée.

Suivait un classique du hit parade de nos salles de concert, le 5ème concerto pour violon de Mozart. Avec un violoniste russe pour la partie de soliste, Ilya Gringolts. Ma première réaction: une oeuvre mille fois entendue, presque galvaudée, ici servie sous un jour tout-à-fait nouveau, débordant de vie et de jeunesse. Ce qui est en grande part à mettre au compte du soliste. Élève entre autres d´Itzhak Perlman, Gringolts jouait sur un stradivarius. Un son donnant davantage dans l´aigu, en contratse avec la chaleur des cordes de l´orchestre. Mais un son d´une grande finesse, sans aucune agressivité, agréable à l´oreille. Une particularité: de bout en bout, au-delà de sa partie de soliste, le violoniste russe s´est associé à l´orchestre, jouant ensemble les tuttis. Mais surtout, il a multiplié les cadences improvisées pour donner plus de poids et plus de vie à son jeu. Il s´agit d´une oeuvre de jeunesse (19 ans), et je pense effectivement que, à côté des grandes versions classiques que nous lui connaissons, elle avait bien besoin de cette cure de rajeunissment. Ce qui fut le cas. En bis, le violoniste nous servit une pièce non identifiée (dans le style de Bach, mais moderne) probablement de son écriture, car il est également compositeur. (A noter au passage, dans les premières mesures, ce curieux ralentissement imposé par le soliste dans la séquence qui précède et introduit l´attaque initilale du violon. Certes pour en renforcer l´effet, malgré tout déconcertant, du moins à première audition.)

               

Toute autre fut l´ambiance que nous allions retrouver après l´entracte avec la 99ème (”londonienne”) de Haydn. Par une formation cette fois au grand complet avec timbales, trompettes et toute la rangée des bois et des vents. D´entrée, la symphonie débute sur des accords majestueux, non dépourvus d´une certaine solennité. Premières mesures qui annoncent celles qui ouvriront la Création qui sera donnée quatre ans plus tard. Une longue et lente introduction qui débouchera sur un thème plus léger, mais pour vite reprendre un ton de gravité. Nous faisant retrouver ici la formation des grands jours que nous étions habitués à entendre dans les grandes oeuvres symphoniques où les musiciens de Fischer sont à leur affaire. En bis, le chef et ses musiciens nous ont offert le menuet de la 101ème symphonie (dite „l´Horloge”).

Un mot, pour terminer, sur Gábor Takács-Nagy, principal invité de l´Orchestre, sorte de „chef en second” après Iván Fischer. Un chef qui dirigeait sans baguette et sans estrade. Avec des gestes amples et en souplesse, n´hésitant pas à esquisser des pas en direction de tel ou tel rang. S´impliquant totalement dans le jeu et suivi à la lettre par des musiciens visiblement habitués à se produire sous sa direction.

Au rang des qualités que l´on attend souvent d´un chef, au-delà de la direction proprement dite et de ses rapports avec l´orchestre, figure son aptitude à monter un programme cohérent et équilibré. Telle la composition d´un menu. Pour le coup, le programme qui nous était proposé cet après-midi nous a semblé idéalement conçu. Comme une sorte de crescendo du plus léger au plus grave.

Une belle après-midi, moment de répit bienvenu en ces temps où l´actualité - le moins que l´on puisse dire - ne nous incite guère à la réjouissance. Grâce à la complicité de nos deux compositeurs et amis. aujourd´hui merveilleusement servis.

 

Pierre Waline, 11 avril 2022

 

(1): rencontre au cours de laquelle Mozart, tentant de dissuader son ami de s´aventurer en terre étrangère et lui faisant remarquer qu´il ne parlait pas les langues, Haydn lui répondit par cette merveilleure réplique: „Rassurez-vous, la langue que je parle est comprise dans le monde entier” .

Les Tributaires se lit comme un roman. Un roman passionnant. Non pas imaginé, mais inspiré d´une histoire réelle.

Reprise d´une coutume bien sympathique: après trois années d´interruption dûe à la pandémie, le chef Iván Fischer nous invite dans ce qu´il appelle son „appartement de scène” („Színházlakás”). Situé face à l´opéra, ce fut jadis le cadre de son enfance. S´il n´y réside plus, il l´a néanmoins conservé avec meubles et décorations. Lieu choisi pour présenter à la presse les activités de sa formation, l´Orchestre du Festival (BFZ). Présentation de la saison 2022-23, le point sur les tournées à l´étranger, sans compter les activités traditionnelles, tel un grand concert gratuit en plein air.

Actuellement à l´étranger, c´est par vidéo interposée que le chef hongrois est intervenu. Laissant le soin à la directrice générale de l´Orchestre, Orsolya Erdődy, de nous accueillir et de compléter son propos. Pour commencer, un mot sur la saison en cours. On nous signale tout d´abord le concert d´ouverture du Festival de Printemps (d´où l´orchestre - qui soufflera l´année prochaine ses quarante bougies - tire précisément son nom) qui, le 30 avril prochain, sera confié à un chef américain sur un programme consacré à trois compositeurs américains, Charles Ives, John Adams et William Grant Still. Ce dernier, „doyen des compositeurs afro-américains”, par ailleurs réputé comme vedette du jazz. Geste symbolique marquant un clin d´oeil en direction des jeunes. Outre cela, reprise des initiatives habituelles: concerts dans les communes de province, dans les maisons de retraite ou encore auprès des enfants et familles (Journée „de la famille” le 28 mai sur le site romain d´Acquincum), sans oublier les concerts de soutien dans les synagogues et églises en péril. Et, comme chaque année, poursuite des concerts à destination des jeunes (Midnight Concerts) et moins jeunes (Concerts „cacao”). Reprise, également, des après-midi de musique de chambre le dimanche dans la salle des répétitions. A signaler encore au passage cette série originale, instituée l´année dernière, „Iván nous raconte” („Iván mesél”), constituée par des concerts précédés, non d´un exposé-conférence, mais à l´occasion desquels le chef nous fait partager les états d´âme et sentiments à même d´être ressentis à l´écoute des partitions proposées.

A noter encore, après cinq années d´interruption, la reprise des concerts en plein air sur la place des Héros: le 18 juin avec un programme inédit consacré au compositeur américan Philipp Glass avec sa „Passion of Ramarkishna” précédée de la 4ème suite de Bach. Avec la participation de la soprane Maria-Stella Maurizi et du choeur mixte Cantemus. Une saison 2022-23 qui débutera en septembre avec un opéra de Benjamin Britten, „The turn of the Screw”, opéra de chambre composé en 1954 d´après Henry James. Que le chef hongrois nous présente comme un petit chef d´oeuvre du genre, qui revêt à ses yeux un caractère „on ne peut plus actuel”. Une premiêre avec, sous la baguette de Fischer, la soprane Suédoise Miah Personn dans le rôle principal. Soirée organisée en liaison avec le Palais des Arts (Müpa). Pour la campagne „Passerelles à travers l´Europe” désormais consacrée non plus à un pays, mais à une ville, la prochaine ville partenaire, après Berlin, sera Amsterdam. Avec échange de concerts entre les deux villes, l´Orchestre du Festival se produisant en Hollande et l´Orchestre du Concertgebouw à Budapest. (Le Concertgebouw dont Íván Fischer est un habitué, désigné en 2020 „Invité d´honneur”). Pour le „marathon” qui se tient en chaque début d´année (concerts non-stop sur une journée), le compositeur retenu sera cette fois Prokofiev, ce qui promet un beau programme.

A signaler encore, en mars, une soirée „centenaire” du compositeur hongrois György Ligeti. Côté musique symphonique, deux grandes „Neuvièmes”: Mahler et Schubert, suivies de célèbres „Troisièmes”: Beethoven, Brahms, Rachmaninov et Saint-Saëns (symphonie „avec orgue”). Parmi les invités, Rudolf Buchbinder dans le concerto de Schumann, qui accompagnera également l´orchestre en tournée. Parmi les chefs invités, à noter, aux côtés de Gábor Takács-Nagy (poursuite de la série Haydn-Mozart), la venue de Robin Ticciati et de notre compatriote Louis Langrée avec Jean-Efflam Bavouzet en soliste (concerto pour la main gauche de Ravel), ainsi que du colombien Andrés Orozco-Estrada, directeur musical de l´Orchestre symphonique de Vienne, qui viendra diriger ici pour la première fois. Sans oublier la reprise des concerts de musique baroque avec la venue du chef et violoncelliste Nicolas Altstaedt (Haendel. Cadar, Vivaldi) ou encore de la violoniste Midori Seiler, spécialiste du répertoire (Telemann. Fasch, Haendel).

Comme on voit, cette fois encore, Fischer et ses musiciens nous offriront un programme riche et varié, par rapport aux saisons précédentes encore davantage tourné vers les jeunes générations avec l´apport de musiques nouvelles sortant des sentiers battus du répertoire traditionnel.

Avant de terminer, un mot sur les tournées. Après un série de concerts ayant suscité l´enthousiasne du public, que ce soit à Londres ou à Lyon ou encore, plus récemment en Allemagne et en Autriche, nos musiciens reprendont leurs valises en mai pour une tournée en Italie et en Allenagne. Concerts suivis au cours de l´été par la participation de l´orchestre au Festival Beethoven de Bonn, puis au Festival de Lucerne en Suisse. Enfin, retour en octobre au Festival d´art lyrique de Vicenza dont Fischer est le directeur artistique. Et, si rien ne vient compromettre le projet (touchons du bois!), une tournée est en principe prévue en Chine pour le mois de novembre…

Un programme chargé, donc, qui promet une fois encore de beaux moments.

Pierre Waline, 30 mars 2022 

 

 

Au total, ce sont près de 1200 soldats français internés dans différents camps allemands en Autriche et en Pologne qui parvinrent à s’évader et trouvèrent refuge en Hongrie. Beaucoup parmi eux purent travailler dans l’agriculture, dans des fermes, usines ou restaurants ou donnèrent des cours de français. Ils formèrent même une équipe de football qui disputa des matches contre des équipes locales. Une cinquantaine d´entre eux ont épousé des Hongroises. Des familles se sont ainsi formées, dont une partie a ensuite gagné la France après la guerre. (Source: ambassade).

Incroyable dans une Hongrie alors alliée de l´Axe, en guerre avec ses voisins russe et serbes. Mais… une Hongrie qui n´était pas officiellement en guerre avec la France. Et n´était donc en principe pas tenue d´expulser ses ressortissants.

 

Un épisode qui a fait l´objet de plusieurs ouvrages dont un recueil de témoignages paru en hongrois sous le titre „Ego sum gallicus captivus”. Phrase utilisée par ces jeunes qui ne parlaient pas hongrois, pour s´introduire auprès des curés des villages traversés, sorte de sésame qui leur ouvrit bien des portes (1). Un épisode d´autant plus remarquable qu´il se prolongea sur toute la durée du conflit, de 1940 pour le premier arrivé, à 1945. Traversant des périodes aussi périlleuses que l´arrivée des Allemands en mars 44 suivie de la prise du pouvoir par les nazis hongrois, ces fameuses et redoutables Croix flèchées, en octobre 44, pour ne trouver son dénouement qu´avec l´arrivée des troupes soviétiques (hiver et printemps 45). Un vrai miracle. En tête des communes d´accueil, la petite ville de Balatonboglár flanquée sur les rives du lac Balaton, dont le maire a pris a coeur d´entretenir leur mémoire, avec entre autres l´ouverture d´un musée du souvenir. Il faut aussi savoir que les Français ne furent pas les seuls, nombre de Polonais (encore plus nombreux) ayant également bénéficié de ces refuges.

Une belle histoire, pratiquement inconnue du grand public, tant en France qu´en Hongrie et qu´il est grand temps, après huit décennies passées, de révéler au grand jour. Tâche à laquelle s´est attelée notre ambassadrice Pascale Andréani, faisant pour ce faire appel à son entourage et amis hongrois et français impliqués dans ce projet (2). Le but à terme étant de s´adresser aux jeunes générations pour leur montrer, par cet exemple édifiant, que même – et surtout – en prériode trouble, la raison du coeur demeure toujours la plus forte.

Pour commencer par une cérémonie qui s´est tenue ce 29 mars à Balatonboglár en présence de son maire. Cérémonie marquant l´ouverture d’une salle commémorative agrémentée d´une exposition(3). Exposition comprenant dans les deux langues des souvenirs de l´époque, ouvrages publiés sur le sujet, notamment par des soldats français, et articles parus dans diverses publications. Exposition agrémentée de visuels accompagnés d’explications en français et en hongrois et d´un dispositif interactif permettant d’accéder à des vidéos sous-titrées, et d’entendre des témoignages.


Il faut dire que ce qui s´est alors déroulé dans cette petite commune du Balaton sort du commun. Accueillis avec la plus grande bienveillance, ces „ex prisonniers” ont, pour une partie d’entre eux, été logés dans les deux hôtels de la ville et dans une dizaine de villas mises à leur disposition. Ils y vécurent sans être le moins du monde inquiétés, organisant entre eux des programmes culturels. „Deux beaux hôtels, des serveurs aux gants blancs, un service médical, des journaux suisses et des livres français, difficile de trouver mieux à l’époque !” (Ambassade).

14 Juillet 1943 (source: Ambassade)

A noter, enfin, un dernier épisode presque incroyable de cette aventure: notre fête nationale célébrée le 14 juillet 1943, au cours de laquelle nos soldats entonèrent la Marseillaise en présence de József Antall (père du futur Premier ministre) du Ministère hongrois de l’Intérieur et du colonel Zoltán Baló, chef de la 21e Section au ministère de la Guerre, de l’attaché militaire à la légation française en tenue, d´officiers hongrois et polonais et du Nonce Rotta. Balatonboglár est vraiment le seul endroit en Europe où une telle scène a pu se produire, en pleine guerre!

Budapest fut également le théâtre d´un bel épisode de solidarité et d’entraide qui mérite d´être cité. Un célèbre acteur et directeur de théâtre (Balázs Samu) cacha dans la salle des accessoires de son théâtre un réfugié français fuyant les Croix fléchées. Pierre Godefroy, devenu par la suite sénateur gaulliste. Épisode qu´il évoque dans son livre «Comme la feuille au vent» (Paris, 1948).

Inauguration: notre ambassadrice et le maire de Balatonboglár.


La veille avait été projeté dans les locaux de l´Institut françaus le film „Ideiglenes paradicsom” („Temporary paradise”) du réalisateur hongrois András Kovács (1981). Version romancée des évènements de Balatonboglár, dans laquelle Jacques, un soldat français réfugié en Hongrie (André Dussollier) tente de s’évader par la Yougoslavie. Il trouvera l’amour avec une jeune Hongroise dans le pays encore en guerre (Edit Frajt). Jeune juive qu´il tentera de sauver à son tour, mais qui finira prise dans une raffle.

En ces temps où l´actualité entraîne des dizaines (centaines) de milliers d´Ukrainiens à chercher refuge en Hongrie où ils sont accueillis dans un grand élan de solidarité, voilà qui ne fait que confirmer que, dans les grandes épreuves, le Hongrois saura toujours nous montrer que l´on peut compter sur lui (4).

Pierre Waline, 30 mars 2022

(1): Európa kiadó, 1981. Un de ces prisonniers dont le témoignage figure dans l´ouvrage, fut par la suite diplomate dans notre ambassade de Budapest, puis à Bonn où je l´ai retrouvé plus tard. Roger Klein qui avait alors rencontré sa future épouse hongroise.

(2): dont, principal soutien, notre ami István Boros, président de l´Association des décorés en Hongrie.

(3): salle située entre deux autres à la mémoire des réfugiés polonais et des Juifs.

(4): à la différence de ce qui s´est passé en France avec les prisonniers hongrois à la Libréation, dont certains victimes de mauvais traitements. 

 
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