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Lors de mon détachement en Allemagne, nous avions rédigé, avec quelques collègues et amis, un „Guide de la commincation” à l´attention des hommes d´affaires français se rendant Outre-Rhin, ceci pour les informer sur les usages locaux et leur éviter quelques impairs à ne pas commettre. Opération renouvelée lors de mon passage en Hongrie. Alors d´autant plus nécessaire que c´était l´époque (années quatre-vingt dix) où nos compatriotes affluaient par avions entiers dans l´espoir de dénicher quelque bonne affaire et de s´ouvrir un nouveau marché, notamment à l´occasion des privatisations. Nous ne reviendrons pas ici sur le détail des conseils alors formulés. Plus intéressant serait d´examiner d´une façon plus générale les différences d´usages, tant dans le comportement que dans le langage, chez les uns et les autres..

Le Français, du moins dans ses relations épistolaires présentant un caractère plus ou moins officiel, passe pour tenir un langage alambiqué qui ne manque pas de dérouter ses partenaires étrangers. Ceci à coup de „sentiments distingués” que l´on vous prie de „bien vouloir agréer”, etc. Sans parler de ce besoin de s´exprimer par formules indirectes („Je ne suis pas sans penser que….” .). Probablement pour atténuer l´effet produit, artifice de langage qui ne manque pas de déconcerter, souvent mal compris. A côté de cela, le Hongrois – comme l´Allemand – passe pour être plus simple et plus direct dans son propos. Telle cette formule laconique, mais bien pratique, équivalent de notre „Salutations empressées” adoptée pour clore un courrier („Mit freundlichen Grűßen«, „Szívélyes üdvözlettel”). Encore qu´elle tende de plus en plus à se répandre en France également.

Plus simple, le hongrois? Pas tant que cela! Telle cette formule de politesse utilisée lorsque l´on s´adresse à une femme: „Je vous baise la main” („Kézit csokolom”) - également pratiquée en Pologne. De plus en plus souvent simplifiée par „Je vous embrasse” („Csokolom”) (1). Celle-ci également utilsée par les jeunes pour s´adresser à une personne âgée, homme ou femme. Ne pas l´utiliser, même à l´égard d´une femme jeune, relèverait presque de l´inconvenance ou, du moins, de la familiarité. Autre petit casse-tête, la double formule de vouvoiement par les termes „Maga” ou „Ön”. Le second étant plus respectueux. De plus, un vouvoiement qui se pratique à la troisième personne (comme en polonais…), mais, pour corser le tout, agrémenté de la formule „Est-ce qu´il plaît à NN… de .. ?” („tetszik….. ?”) lorsque l´on a opté pour le „Ön” respectueux. Pour éviter les complications et vexations, une solution est de couper la poire en deux en recourant au „Ön”, plus poli, mais sans le „il plaît à” („tetszik”)… Et encore, c´était bien pire sous l´ancien régime où, encore dans les années trente, plusieurs niveaux de respect étaient imposés pour s´adresser à une personne de rang élevé (noble ou haut fonctionnaire): „Votre dignité” („Méltóságos Úr”) ou encore „Votre excellence” (Nagyságos Úr)…(2) Des formules révolues, socialisme de l´après-guerre oblige. Fort heureusement, pour nous simplifier la tâche, l´usage du tutoiement se répand de plus en plus en Hongrie, davantage encore qu´en France, non seulement auprès des jeunes. Par contre, un usage beaucoup plus répandu que chez nous, l´énumération des titres universitaires devant un nom propre: professeur (Prof), Ingénieur (Ing), Docteur (Dr). Ce dernier pour toute personne ayant passé un doctorat (équivalent de notre maîtrise), pas seulement en médecine, mais dans tous les domaines (3).

Voilà, en gros, pour ce qui concerne les usages adoptés dans le langage courant. Et pour le reste? Pour le coup, les habitudes de comportement me semblent sensiblement plus simples, côté hongrois. Tout d´abord, pour en revenir au monde des affaires, ces déjeuners d´affaires à éviter pour les remplacer par un réunion matinale café-eau minérale. Et cette habitude, bien sympathique, de proposer un café (agrémenté de petits amuse-gueule) à tout visiteur, quel que soit le motif de la visite. Ne pas le faire serait une grave impolitesse. Autre règle sacro-sainte: ne jamais se pointer chez quelqu´un les mains vides, même si aucune circonstance ne justifie ce geste. Pour le reste, un langage plus clair et plus direct est adopté dans les relations quotidiennes, quitte à s´exprimer parfois de façon un peu crue, sans pour autant que votre partenaire (blasé) n´en prenne ombrage. Pour en revenir aux „déjeuners d´affaires”, notre dîner assis en ville – pratique bien française – est le plus souvent remplacé par une collation servie au salon sur un plateau.

Tout cela est bien beau, mais... Mais... Triste revers de la médaille: le recours de plus en plus répandu, par les jeunes… et moins jeunes, à des termes franchement grossiers. Termes que l´on rencontre dans la langue française, certes, mais nettement plus explicites et imagés en hongrois…. Parfois associés à une mise peu avenante: crâne rasé et tatouage. Ici encore, tatouages beaucoup plus répandus que chez nous, également à la mode chez les jeunes filles …

Mais bon… Passons sur ces petits vices de langage et de comportement et reconnaissons que, dans l´ensemble, les relations quotidiennes s´avèrent dans de nombreux cas plus simples sur les bords du Danube. Mais…. Sans ce charme que procurent nos règles de courtoisie, parfois contraignantes, certes, mais somme toute bien agréables pour apporter une touche de douceur et de tact dans les rapports.

Pour conclure? Ne cherchons pas à copier le voisin et gardons nos propres usages, qui ont somme toute chacuns leur bon côté.

 

Pierre Waline, 4 octobre 2020

 

(1): attention aux pièges de la traduction, le terme „baiser” étant ici à proscrire !!!

(2): un usage qui en dit long sur l´état d´esprit qui régnait dans la société hongroise d´avant-guerre, encore marquée par un relent de féodalisme.

(3): les Allemands recourant, quant à eux, au „Dr.Dr.” voire au „Prof.Dr.Dr.” lorsque ceux-ci disposent d´un douuble titre, petit signe de vanité bien typique. Mais nous autres ne sommes pas en reste avec nos décorations, ces petits hochets, arborées au revers de la veste, voire sur nos cartes de visite. Ce qui, à ma connaissance, ne se voit guère ailleurs qu´en France.

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