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"Le terme « francophonie » est apparu vers la fin du XIXe siècle, sous la plume du géographe français Onésime Reclus, pour décrire l'ensemble des personnes et des pays utilisant le français. Il acquiert son sens commun lorsque, quelques décennies plus tard, des francophones prennent conscience de l’existence d’un espace linguistique partagé, propice aux échanges et à l’enrichissement mutuel.” C´est ainsi que, sur son site officiel, l´OIF (Organisation Internationale de la Francophonie) nous décrit l´origine du terme.

Terme qui allait être repris plus de quatre décennies après (1926) avec la fondation d´une „Association des écrivains de langue française” (Adelf). Suivis vingt-cinq années plus tard par des journalistes regroupés en 1950 au sein d’une Union internationale des journalistes et de la presse de langue française - aujourd’hui Union de la Presse francophone (UPF). Puis, en 1955, une communauté des radios publiques francophones est lancée avec Radio France, la Radio suisse romande, Radio Canada et la Radio belge francophone. ll faudra attendre 1960 pour voir apparaître la première institution intergouvernementale francophone, la Conférence des Ministres de l´Éducation qui regroupait au départ 15 pays. Suivie un an plus tard par la création d´une association entre universités, aujourd´hui Agence universitaire de la francophonie. Les parlementaires n´étant pas en reste, qui lancent en 1967 une association internationale (aujourd´hui Assemblée parlementaire de la Francophonie, APF) (Source: OIF)

Une notion qui allait entre autres être promue par Léopold Senghor… Pour se voir définitivement officialisée avec la création en 1970 à Niamey de l´Organisation Internationale de la Francophonie (OIF). Appelée à „metttre en œuvre une coopération politique, éducative, économique et culturelle entre ses pays membres, au service des populations”, elle recouvre aujourd´hui 88 États membres et gouvernements. (Auxquels s'est jointe la Hongrie en tant qu'observateur. A noter que l'UPF, Union de la Presse francophone, dispose en Hongrie d'une section particulierement active.)

D´après les chiffres publiés par l´OIF, le français serait la 5ème langue au monde regroupant 300 millions de locuteurs et rassemblant 132 millions „d´apprenants”. Encore faudrait-il définir ce que l´on entend au juste par „locuteurs”. Car ici, les données varient. Dans son ouvrage intitulé „Les langues de l´humanité” (1), Michel Malherbe place, quant à lui, le français au 10ème rang mondial, sur une base regroupant les locuteurs de langue maternelle (75 millions) et ceux utilsant le français comme „deuxième langue de communication” (60 millions), soit 135 millions au total. Des données qui varient donc sensiblement, voire du simple au double… Une estimation probablement sévère de la part de Michel Malherbe (qui ne cite pas sa source), mais, de l´autre côté, bien généreuse de la part des dirigeants de l´OIC qui se basent entre autres sur les chiffres fournis par leurs adhérents. Néanmoins avec une donnée sur laquelle tous concordent: les 75 millions de locuteurs de langue maternelle ou en première langue. Pour le reste, allez donc savoir ! Car il s´agit, à vrai dire, d´une notion un peu floue et difficile à cerner avec précision.

Mais peu importe.... Plus intéressant serait de tenter d´analyser l´esprit que recouvre cette notion de „francophonie”. A ne pas confondre avec la „francité”, terme inventé par Léopold Sédar Senghor pour définir „ce qui est français”, de langue, certes, mais aussi de culture et d´usages. Notion donc à la fois plus large et plus restreinte. Alors que la francophonie se limite en principe à ce qui est exprimé dans notre langue, de façon orale et écrite. Mais une notion que l´on a vite fait d´étendre à la culture liée à langue. Une notion quasiment unique dont je ne connais pas d´autre exemple de par le monde...(2) Ceux qui connaissent bien la Hongrie pourraient être tentés de la comparer à la fameuse „magyarság” (magyarité) des Hongrois. Il n´en est rien, car celle-ci est exclusivement le fait du peuple magyar, qu´il réside en Hongrie ou hors des frontières. Une notion qui va d´ailleurs bien au-delà de notre „francité”, car sous-tendant également des origines communes, un passé commun, voire un sort commun.

Ce qui fait précisément l´originalié (et le charme) du mouvemement francophone est qu il n´est pas, loin de là, le seul fait des ressortissants français, mais va bien au-delà. Touchant d´abord, bien évidemment, nos voisins de Wallonie, de la Suisse romande et du Luxembourg, mais aussi nos lointains parents du Québec. Sans parler, encore qu´en perte de vitesse, de nos anciennes colonies. Non. Il s´agit d´un mouvement sans frontières qui s´étend de par le monde, non seulement à celles et ceux qui pratiquent notre langue, mais aussi – et surtout – qui l´aiment et, au-delà de la langue, entendent partager les attraits de notre culture, devenue par assimilation une part de „leur” culture.

Certains de nos compatriotes frémissent de jalousie en constatant les avancées de la langue anglaise. Certes, et, reconnaissons-le, une langue bien pratique pour qui souhaite communiquer, ne serait-ce que dans la vie courante, pour des échanges élémentaires. Mais sans aller guère plus loin. Alors que, bien que moins nombreux, ces étrangers qui prennent la peine d´apprendre notre langue, pourtant difficile, le font dans la quasi totalité des cas par amour de la langue et de la culture qu´elle recouvre. Ayant moi-même eu un temps des élèves hongrois - et hongroises … - je peux l´affirmer de ma propre expérience.

Alors? Ne soyons donc pas si pessimistes. Car, même en infériorité numérique par rapport à l´anglais, voire l´epagnol, la langue française n´a rien perdu de son attrait pour ces millions d´étrangers qui, au travers de la langue, gardent le regard tourné vers notre pays. Bref, se sentant par là membres d´une même famille. Et qui, venus d´Afrique, d´Asie ou d´Europe, se sentent liés entre eux par notre langue. Les rassemblements organisés chaque année, par le nombre et la variété des participants, sont là pour en témoigner. Nous ne pouvons, nous ne devons, que leur en être reconnaissants.

 

Pierre Waline, 3 novembre 2020

(1) Edition Robert Laffont, collection „Bouquins”.

(2): mis à part, peut-être, mais de façon plus distandue, les anciens pays du Commonwealth.

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