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Ce n´est pas une découverte, la création musicale foisonne d´oeuvres inspirées d´écrivains, dramaturges et poètes. Si nombreuses qu´il serait vain de tenter d´en dresser ici la liste, de Beethoven à Verdi en passant par Schubert et Schumann, ou encore Tchaïkowsky et mille autres. L´inverse étant moins évident, encore que…

Peut-être plus intéressant serait de tenter de voir comment les uns se sont positionnés par rapport aux autres. Commençons par nos écrivains… Qui nous réservent en la matière quelques bonnes… et mauvaises surprises. A commencer par notre cher Stendhal, qui, on le sait, portait les Italiens aux nues, tel Rossini sur lequel il nous a laisssé un mémorable écrit („La vie de Rossini”). Certes, et nous ne pouvons que le suivre, mais qui ne s´est guère glorifié pour le reste. Tel ce jugement pour le moins surpenant porté sur Mozart et Beethoven: « Quand Beethoven et Mozart lui-même ont accumulé les notes et les idées, quand ils ont cherché la quantité et la bizarrerie des modulations, leur symphonies savantes et pleines de recherche n’ont produit aucun effet” (sic !!). Mais qui se rattrapera dans la suite: „Tandis que lorsqu’ils ont suivi les traces de Haydn, ils ont touché les cœurs.» Et le pauvre Schubert n´est pas davantage épargné, jugeons-en: «On n’a jamais couché sur le papier de composition plus exaspérante par son manque d’intelligence » (et vlan !) au sujet de la IXème symphonie, dixit Bernard Shaw! Schubert dont Larousse écrivait: «Ses sonates s’effacent devant celles de Weber » !!!! (Dictionnaire du XIXème siècle). Un Schubert au demeurant royalement ignoré par Balzac, Stendhal, Mérimée et Baudelaire (qui ne tarit pas d’éloges sur Weber). Sans parler de Goethe (grand admirateur de Mozart) qui le traita par le mépris.

Mais bon, reconnaissons que c´est là le fait d´une minorité, la plupart de nos grands écrivains ne s´y étant pas trompés pour reconnaïtre le génie de leurs „confrères” musiciens et le clamer à haute voix. La palme revenant à George Sand: « Beethoven fait rentrer dans les profondeurs les plus intimes du moi tout ce que vous avez senti, éprouvé, vos amours (et elle s’y connaissait…), vos souffrances, vos rêves, tout se ranime au souffle de son génie et vous jette dans une rêverie intime.» Ce qui n´étonnera guère de celle qui fut l´amie de Chopin. Suivie de Balzac qui, dans sa nouvelle «Gambara» faisait dire à l’un de ses personnages que «Beethoven a reculé les limites de la musique instrumentale et personne ne l’a suivi dans sa route”. Dans un autre genre, citons encore Taine qui fut un grand admirateur de Beethoven. Et bien d´autres. Plus près de nous, Romain Rolland qui nous a laissé plusieurs écrits sur Beethoven, dont une célèbre biographie. Romain Rolland à qui nous devons cette merveilleuse phrase sur Beethoven: « Il reste le meilleur ami de ceux qui souffrent et qui luttent ’

A l´inverse, quel oeil jetèrent les compositeurs sur la littérature? Si (désolé!), Mozart ne s´avéra apparemment pas être un lecteur particulièrement assudu, sinon de Beaumarchais (mais alors très en vogue..), Beethoven le fut. Beethoven qui, en véritable autodidacte, s’était intéressé de près à la philosophie et à la poésie, lisant aussi les « anciens ». Grand admirateur de Klopstock et de Kant, Beethoven se disait aussi « imprégné » de Plutarque. Ses poètes préférés étaient Goethe, Schiller, Ossian et Homère. Faisant preuve d’une étonnante ouverture d’esprit, il s’intéressa même à la pensée hindoue ! Également lecteur assidu, Robert Schumann, fils de libraire. Au demeurant doté d´une fort belle plume, il nous a laissé, outre ses critiques musicales, de fort beaux textes. Telle cette description d’un périple effectué à 19 ans entre Coblence et Mayence: « La belle ruine d’Ehrenfels laissait tomber sur moi et sur le Mäuseturm un regard dédaigneux. Le soleil se coucha dans une gloire royale, puis ce fut le calme du crépuscule. A la rive de Rüdesheim étaient amarrés des bateaux chargés de vie et d’animation ; des enfants merveilleux jouaient gaiement sur le bord du fleuve, si bien que je faillis en oublier le lever de la lune…. Pas un souffle ne ridait l’eau, l’éther lunaire était d’une pureté bleutée. Rüdesheim avec ses sombres ruines romaines se mirait dans l’onde que la lune transfigurait magiquement… » Plus surprenant (et peu connu), Schubert nous a laissé un fort beau texte « Mein Traum » où il rapporte un rêve axé sur les thèmes de la mort assimilée au repos et de la solitude. Texte agrémenté d un poème intitulé „Prière” . Ce qui est d´autant plus surprenant que Schubert, pourtant entouré de poètes et lecteur assidu de Schiller, Goethe et Walter Scott, ne semble pas avoir été d’une grande culture.

En matière de talents littéraires, il en est un que nous ne saurions ici passer sous silence: Berlioz qui, outre ses critiqes musicales (quoique souvent emphatiques et par trop enflammées) nous a laissé un fort bel ouvrage nous relatant les nombreux voyages qu il effectua de par l´Europee (dont Pest!). Un ouvrage rédigé dans un fort beau style, fluide, qui se lit avec plaisir. Berlioz qui nous a également laissé un fort bel essai sur Beethoven. Un cas à part: Wagner qui, on le sait, a conçu lui-même les livrets de ses opéras, mais que l´on ne peut ranger dans le genre littéraire. (Wagner qui nous a laissé une intéressante description des symphonies de Beethoven).

Voilà pour le peu que nous savons des musiciens s´étant impliqués - de près ou de loin - dans la littérature et la poésie. (Encore une fois, abstraction faite des oeuvres théâtrales dont ils se sont inspirés. (1)) Mais il y en a certainement bien d´autres. Par contre, s´il nous fallait citer des écrivains s´étant essayés à la composition, nous serions bien en peine de répondre. Mis à part Rousseau avec son „Devin du village”. Piècette sans grande ambition, mais, reconnaissons le, bien tournée et fort charmante. Et... j'allais en oublier un, et non des moindres: E.T.A. Hoffmann avec son opéra "Ondine", le premier opéra romantique allemand, composé des avant le "Freischütz" (1814). Hoffmann, également critique musical, qui se rajouta un troisieme prénom, Amadeus, en hommage a Mozart...

Alors? Mis à part quelques malheureuses exceptions, il semblerait d´une façon générale que, d´un genre à l´ autre, les grands se reconnaissent entre eux. Du moins osons-nous le croire. Ce qui n´a somme toute rien de très étonnant. Bon ménage? Apparemment oui…

 

Pierre Waline, 7 octobre 2020

 

(1): si nombre d´opéras ou musiques de scène sont inspirés des plus plus grands (Shakespeare, Goethe, Pouchine, etc.) force est de reconnaître que ce ne fut pas toujours le cas. Tels, par exemple, les textes que l´on trouve à l´origine de deux oeuvres pourtant sublimes comme Le Freischütz ou encore Fidelio. Le mérite des compositeurs n´en est que plus grand d´ avoir su les dépasser, pour nous offrir parmi les plus belles partitions du répertoire.

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