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Beethoven

Voilà une découverte qui aura fait beaucoup de bruit et déverser des flots d´encre. Au lendemain de la mort de Beethoven, ses amis tombèrent chez lui sur un petit coffret renfermant, outre le Testament de Heiligenstadt, trois lettres rédigées au crayon. Véritables déclarations d´amour dont on n´a pu, aujourd´hui encore, déterminer avec certitude à qui elles étaient destinées. Lettres au texte particulièrement émouvant, datées du mois de juillet, mais sans précision de l´année.

A partir de là, les hypothèses allèrent bon train. Il fallut tout d´abord déterminer l´année et le lieu de leur rédaction. Ce qui ne fut guère trop difficile. Les lettres furent très vraisemblablement rédigées en juillet 1812 à Toeplitz, en Bohême, où Beethoven suivait alors une cure thermale. Leur destinataire se trouvant alors à Karlsbad („K”). Les deux s´étant probablement rencontrés les jours précédents à Prague où Beethoven venait de faire un bref passage, avant de se séparer. Mais la suite? Un véritable imbroglio… On ne compte plus les biographes qui se sont essayés à dévoiler le visage de l´heureuse élue. Procédant par recoupements et éliminations successives. La première citée (Romain Rolland) étant Thérèse de Brunswick, vite écartée, bien qu´ayant entretenu une amitié suivie avec Beethoven, qui l´appelait sa „fiancée”, plus par affection que par un réel sentiment amoureux. Surgit ensuite le nom de sa soeur Joséphine, dite „Pépi”. Ici, l´affaire devient plus sérieuse. Veuve à 25 ans du comte Deym, Joséphine allait se remarier en 1810 (couple qui dut par la suite se séparer), C´est précisément sur cette période de „célibat”, 1804-1807, que l´on découvrit des lettres adressées par Ludwig à sa chère Pépi, qu´il appelait son „unique bien-aimée”. Unique, peut-être, mais pour un temps seulement et non „immortelle”? Il faut reconnaître qu´à la différence de son aînée, Joséphine était pourvue d´un physique particulièrement attrayant. De là à la désigner comme la destinataire des fameuses lettres, un pas que beaucoup eurent vite franchi. Les Massin ayant notamment établi un parallèle troublant entre les deux correspondances. Jugeons-en: „Elle, elle, mon tout, mon bonheur supême, mon réconfort, mon tout…. Ange de mon coeur..” (Joséphine), „Mon ange, mon tout, reste mon fidèle, mon unique trésor, mon tout…” (Immortelle Bien-aimée), „Pour vous, toujours pour vous, éternellement vous…” (Joséphine), „Eternellement à toi, éternellement à moi, étenellement à nous” (Immortelle Bien-aimée). Rapprochement effectivement troublant qui semblerait attester la thèse des Massin. Et pour corser le tout, il faut savoir que Joséphine donna naissance en avril 1813 à une fille nommée Minona (anagramme de Anonim) qui ne pouvait être une enfant légitime, son mari s´étant absenté entre janvier et octobre 1812. Une naissance (9 avril) survenue précisément neuf mois après la période qui nous intéresse. Le problème: il semblerait que Joséphine n´ait pu se trouver à Karlsbad aux dates mentionnées. D´où une poursuite des recherches pour aboutir successivement aux noms de Maria von Erdödy, puis Theresa de Malfati, enfin Bettina Brentano, hypothèse avancée par Maynard Solomon et Rémy Stricker. Certes, mais… Bettina venait de se marier... Bref, le mystère demeure aujourd´hui encore entier et ne sera probablement jamais élucidé.

Pépi

Peu importe, finalement. Ce qui paraît, par contre, certain est que Beethoven semble être tombé fréquemment amoureux, ou du moins sensible aux charmes du beau sexe. Ce dont il se moquait d´ailleurs lui-même (1). Le premier véritable coup de coeur fut un échec: Giulietta Guicciardi, cousine des soeurs Brunswick, à qui il donnait des leçons (nous sommes en 1801, Beethoven a trente ans, elle en a 27). Des sentiments apparemement partagés dans un premier temps (Giulietta lui offfrit un portrait et Beethoven lui dédia une sonate). Mais une relation qui ne put durer, la belle Giulietta, aussi frivole et volage qu´insouciante, jetant son dévolu sur un médiocre personnage se prétendant compositeur, un certain comte Gallenberg, qu´elle finira par épouser. De là à voir en elle l´Immortelle Bien-aimée, un pas que Schindler (secrétaire de Beethoven) franchit allègrement, mais qui fut fermement démenti par Thérèse. Ce qui, même sans son témoignage, est de toute évidence à exclure (2).

Schubert

Voilà pour Beethoven, que nous laisserons reposer avec son secret. Et les autres? Un premier nom qui nous vient en tête: Schubert. Pour le coup, doté d´un physique plutôt ingrat. Ce qui ne l´empêcha pas de connaître un amour partagé. Avec une certaine Teresa Grob. Teresa, bien que non laide, n’était pas une beauté. Mais elle était sympathique, intelligente, et excellente chanteuse. Ils s’aimèrent sincèrement, mais le père s’opposa au mariage devant un prétendant aussi démuni. Aussi, après trois ans d’attente, finit-elle par épouser un boulanger. Réaction résignée de Schubert : « Le destin en a voulu ainsi ». Autre coup de cœur : une noble hongroise Caroline Esterhàzy (séjours en 1818 et 1824 à Zseliz). Amour (peut-être partagé ? sinon au moins objet d’une vive affection de la part de Caroline) bien évidemment impossible. (Schubert se rattrapera sur la servante, la belle « Pepi » – ou plutôt se fera rattraper par elle… - et s’en vantera !...).

Schumann

Notre propos n´est pas ici de nous lancer dans une énumération exhaustive qui serait fastidieuse, mais nous ne saurions passer sous silence la belle aventure d´un couple qui fut certainement le plus uni dans l´Histoire de la musique, celui de Robert et Clara Schumann. Et pourtant, là encore, les obstacles ne manquèrent pas. C´est chez son professeur de piano, Friedrich Wieck, que Clara et Robert se rencontrèrent. Le coup de foudre fut quasiment immédiat. Ce que Wieck qui, pourtant avait jusque là paterné son élève, vit d´un très mauvais oeil. Au point de s´opposer farouchement à leur union. Par méfiance quant à l´avenir de ce jeune homme, encore très incertain. Mais probablement aussi pour préserver jalousement et bien égoïstement la future carrière de sa fille, dont il avait fait une jeune pianiste prometteuse (premier concert à huit ans). Robert, qu´elle avait connu à l´âge de seize ans, attendit ses dix-huit ans pour demander officiellement sa main. Séparés de force, les amoureux communiquèrent par le biais d'amis et de messages musicaux passés dans les concerts de Clara. Le mariage fut finalement célébré après quatre longues années d´attente en exécution d'une décision judiciaire. Huit enfants allaient naître de leur union. Un couple heureux, malgré deux dernières années de séparation forcée, en raison de l´internement de Robert dans un établissement de soins psychatriques. Couple heureux, mais, paradoxalement, où ce fut longtemps elle qui eut d´abord la vedette en tant que pianiste (ce dont son mari ne lui tint pas rigueur, bien au contraire). Clara qui resta jusqu´au dernier jour fidèle au souvenir de son époux.

Robert et Clara

Mozart

Puisque nous évoquons les couples célèbres dans le monde de la musique, il en est un que nous avons à coeur d´évoquer pour tordre le coup à une fausse réputation que certains lui ont fait. C´est chez les Weber (cousins de Carl Maria) chez qui il logeait, que Wolfgang et Constanze se sont connus. Tout d´abord amoureux de l´aînée Aloyse, fort belle, au demeurant excellente chanteuse, Mozart dut vite y renoncer pour se rabattre sur la soeur cadette. Non sans s´être vu forcer la main par la mère. Si l´on ne peut donc parler de coup de foudre, force est de reconnaître que le couple, s´entendant à merveille, vécut heureux. Ils eurent six enfants en neuf années de mariage. Constanze: le contraire de l’image que nous en donne Forman. Pas si sotte, d’abord. Ce n’est pas parce qu’elle eut le mérite de se mettre en retrait par rapport à son mari qu’il faudrait la sous-estimer. Excellente chanteuse, elle était elle-même musicienne, non dépourvue de talent. C’est ainsi qu’elle créa le rôle de Konztanze pour la Première de l’Enlèvement au Sérail. Mais elle avait un foyer à gérer et surtout des marmots à entretenir et élever: six, dont quatre périrent en bas âge. Face à un mari aimant et aimé, certes, mais dépensier. Des dépenses souvent bien excusables, mais tout de même. Car, ayant lancé une formule de concerts à domicile, Mozart se devait d’être bien habillé et dépensait beaucoup dans l’achat de costumes, un peu trop... (laissant à Constanze une montagne de dettes après sa mort). Ne lui jetons donc pas la pierre. Pour preuve de leur bonne entente, leur correspondance, lettres au bas desquelles Wolgang couche des phrases tendres du genre „1 344 539 baisers à ma tendre épouse (tu compteras à voix haute!)” ou encore cette petite remontrance à sa femme qui lui avait naïvement raconté s´être laissé mesurer le mollet lors d´une fête. Pour terminer, un reproche souvent fait à Constanze: elle n’assista pas à l’inhumation de son mari. Scandaleux? Sauf que... Sans compter le fait qu’à l’époque, la mort, banalisée par sa fréquence, ne faisait pas l’objet d’un culte particulier, il faut savoir qu’en cette journée glaciale de décembtre 1791, la pauvre était clouée au lit par une forte fièvre avec, par dessus le marché, deux gosses à garder (dont un encore nourrisson). Comme l’a écrit une de ses biographes „elle a eu le mérite d’avoir su, dotée d’un physique plutôt ingrat, mais aussi de nombreux talents, s’effacer et taire sa jalousie pour garder son mari, étouffer son exceptionnel talent de chanteuse pour concevoir des enfants”.

Konstanze

Haydn

C´est bien beau tout cela, et…. les contre exemples? Nous en connaissons un, et de taille, Haydn, ce „bon papa Haydn” dont la femme, qu´il avait épousée très jeune, s´avéra être une chipie inculte qu´il prit rapidement en grippe. Fort heureusement, notre ami trouva vite à se consoler. La rencontre ne tarda pas à se produire. Elle était italienne - encore mieux: napolitaine! - s’appelait Luigia, avait 19 ans et chantait. Luigia accompagnait un vieux mari souffreteux (un certain Polzelli) qui venait de se faire engager dans la chapelle du prince. Deux ménages en berne, une charmante jeune femme et le patron de son mari, tout aussi charmant, amoureux. Voilà une bonne occasion à ne pas manquer ! Et Luigia ne la loupa pas. Agé de 47 ans, Joseph était de 28 ans son aîné. Malgré tout, même si une bonne part d’intérêt joua au départ dans cette relation, la suite nous prouvera que Luigia avait vraiment un réel penchant pour Haydn, un homme au demeurant de belle prestance, solide et en parfaite santé, et elle lui resta - si je puis dire.. – fidèle. Même après le départ du couple Polzelli de Eszterháza suite au décès du prince en 1790, les deux amants restèrent en relation épistolaire. Attendant avec une impatience croissante – et non sans cynisme – le „départ” du/de la conjoint/e encombrant/e. C’est le vieux Polzelli qui eut le bon goût de partir le premier, l’année suivante. Le mot que lui écrivit alors Haydn en dit long: „Peut-être viendra le moment si souvent souhaité ensemble, où quatre yeux se seront fermés. Deux le sont déjà; pour les deux autres, remettons-nous en à la grâce de Dieu”. No commnent.... Sauf que la „grâce de Dieu” ne vint pas, cette chipie de femme, comme fait exprès, ayant encore tenu neuf longues années avant de se décider enfin à quitter ce monde à 71 ans, après 40 ans de mariage!... Encore une crasse faite à son mari ? Ceci dit, la réaction de Haydn, pourtant le meilleur des hommes, tend à prouver que cette Maria-Aloysia, sa „bestia infernale” a dû lui en faire sacrément baver pour qu’il en arrivât là...

Berlioz

S´il en est un qui connut une vie amoureuse mouvementée, c´est bien lui. Amoureux dès l´âge de douze ans, d´une fille de cinq ans son aînée (avec qui, il gardera par la suite le contact), Berlioz s´éprit d´abord d´une actrice irlandaise qu´il épousa en première noce, Harriet Smithson. Mariage qui fut un échec et aboutit à la séparation des époux. Dès avant cette union, il avait été brièvement fiancé à une pianiste, Marie-Félicité Moke qui le lâcha pour épouser Camille Pleyel. Toujours marié, mais séparé, Berlioz rencontra une cantatrice, Marie Recio, avec qui il se mit en ménage. Cantarice pour qui il composa ses fameuses Nuits d´Été. Il l´épousera à la mort de Harriet. Union qui ne durera que huit petites années, ponctuées par le décès de Marie. Comme l´on voit, on ne s´ennuyait pas chez les Berlioz, personnage digne du héros maudit de sa Symphonie fantastique...

Liszt

En 1833 commence sa liaison avec Marie d´Agoult rencontrée lors d'un concert dans un salon parisien. La comtesse a alors vingt-huit ans, l'artiste six ans de moins. Malgré leur différence de statut social, ils éprouvent aussitôt une violente passion réciproque. Relation endeuillée par la mort de la fille de Marie quelques mois après leur rencontre. Cependant, Marie quittera son mari en 1835. Ensemble, ils gagneront Genève, pour se rendre en Italie, où ils demeureront de 1837 à 1839 (voyages qui ont inspiré au compositeur son cycle de recueils Années de pélerinage). Ils eurent trois enfants, dont Cosima.

Verdi

Pour terminer: Verdi qui eut le malheur de perdre coup sur coup sa femme et deux enfants.. Bien excusable, donc de trouver, retiré dans sa ferme, consolation auprès d´une compagne fidèle et dévouée qu´il aima profondément, la chanteuse Giuseppina Strepponi, qu´il finit par épouser en seconde noce. Ayant à affronter l’indignation et l´hostilité des habitants de sa commune.

Sans oublier, pusique nous évoquons les Italiens, un Donizetti inconsolable suite à la disparition prématurée de son épouse après neuf années d’une vie conjugale heureuse. Donizetti qui en oubliera succès et honneurs pour finir ses jours au bord de la folie...

Les autres

Le premier à citer en tant qu´époux modèle est probablement le grand Bach qui eut vingt enfants (dont dix morts en bas âge) en deux mariages. Sa seconde épouse, Anna-Magdalena, elle-même excellente musicienne nous a laissé une chronique narrant en détail la vie du ménage. Elle lui donna treize enfants. Sa première épouse Maria-Barbara (ne pas confondre avec l´actrice américaine!) mourut subitement à l´âge de 36 ans. Elle lui donna sept enfants, dont Carl-Philippe Emmanuel.

Pour le reste, nous aurions encore de nombreux couples à citer, pas forcément des modèles du genre…

Tel le couple Chopin-George Sand qui fit couler beaucoup d´encre. Un couple quelque peu en déséquilibre, George portant (au propre comme au figuré) le pantalon et menant son Frédéric par le bout du nez… De plus emcombrée de deux enfants dont la présence ne fut pas toujours du goût de Chopin. Couple qui connut de nombreuses tensions. (Notre héroïne n´étant pas, par ailleurs, un modèle de vertu.)

Puisque nous avons évoqué Cosima, la fille de Liszt et Marie Agoult, il nous vient immédiatemet à l´esprit le couple Cosima-Wagner. Couple où je verrais plutôt une admiration aveugle de Cosima envers son mari, sorte d´idolâtrie, le personnage, égocentrique et égoïste à souhait qu´était Wagner, s´y prêtant bien. De plus, un Wagner qui n´hésita pas à chaparder la femme de Hans von Bülow, pourtant son admirateur, chef réputé qui fit découvrir ses oeuvres.

Autre couple célèbre: Gustav-Alma Mahler. Mais qui fut un échec. La faute à qui? Allez donc savoir!

Au chapitre des célibataires enducris, nous nous devons de mentionner, outre Beethoven, le cas de Brahms et de sa passion pour Clara, veuve de Robert Schumann. Passion souvent excessive, mais, du moins comme nous le sentons, bien innocente. Élans auxquels Clara, son aïnée de quatorze ans, ne demeura pas insensible, probablement plus par une sorte d´affection maternelle que par un véritable amour.

Enfin, un mariage qui n´en fut pas un: celui de Tchaïkovsky avec Antonina Miliukova, une de ses anciennes élèves tombée amoureuse de lui. Mariage destiné à dissimuler ou combattre ses instincts homosexuels. Union qui, bien évidemment, ne dura pas. Deux mois seulement après le mariage, Tchaïkovski avoue à son frère que, ne pouvant supporter la vue de sa femme, il a tenté de se suicider en plongeant dans la Moskova. Il se séparera d’Antonina peu après.

Pour terminer, prêtons-nous un instant à un petit jeu: élisons la „plus belle” ou „la plus charmante”. Outre les cas Clara Schumann et Alma Mahler, deux me viennent à l´esprit: Madame Rimsky-Kosakov, une pure beauté. Nadejda Purgold qui lui donna sept enfants, dont la présence et le soutien dans la carrière de son mari sont parfois comparés à ceux de Clara Schumann, Ou encore la ravissante Cécile Jeanrenaud, épouse de Felix Mendelssohn, fille d´un pasteur de Neuchâtel. Un couple qui vécut en harmonie et connut le bonheur. Ils eurent quatre enfants. Union malheureusement interrompue par la mort prématurtée de Felix.

Nadejda Rimsky-Korsakov Cécile Mendelssohn

 

Une petite touche de charme, donc, pour clôre notre liste.

 

Pierre Waline, Mai 2020

 

(1): interrogé sur la fin de sa vie, Beethoven reconnut (à raison…) ne pas être fait pour le mariage.

(2): revenue des années plus tard vers Beethoven, celui-ci la repoussa „Elle venoit vers moi pleurant, mais je la repoussois” (en français dans le texte). Quant à Schindler, nous avons toutes raisons pour nous méfier de lui. Personnage peu recommandable qui, à la mort de Beethoven, tenta de réécrire sa biographie à sa façon, quite à faire disparaître de nombreux documents.


 

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